Burundi : le Conseil de sécurité s’inquiète de la poursuite des violences

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Des réfugiés burundais attendent sur les rives du lac Tanganyika d'être transférés par bateaux vers un camp de réfugiés. Photo HCR/B. Loyseau

Suite à des consultations à huis clos sur la situation au Burundi, le Conseil de sécurité des Nations Unies a demandé jeudi matin au Secrétaire général de l’Organisation, Ban Ki-moon, de continuer à suivre de très près l’évolution de la crise que traverse actuellement le pays.

Le Burundi est en proie à une vague d’agitation depuis le 26 avril, date à laquelle le parti au pouvoir, le Conseil national pour la défense de la démocratie–forces pour la défense de la démocratie (CNDD-FDD), a décidé d’investir le Président Pierre Nkurunziza comme candidat à l’élection présidentielle qui aura lieu prochainement dans le pays.

L’opposition burundaise, estimant qu’une troisième candidature du Président sortant est anticonstitutionnelle, a appelé à manifester contre cette nomination, provoquant une vague de violence et de répression de la part des autorités contre les manifestants.

Dans ce contexte de crise politique, M. Ban s’est prononcé à plusieurs reprises la semaine dernière en faveur d’un report des élections et a appelé le gouvernement du pays à créer un environnement propice à la tenue d’élections inclusives et transparentes.

En dépit des recommandations du Secrétaire général, selon la presse, les autorités burundaises ont maintenu le calendrier des élections législatives et communales, qui ont eu lieu à la date prévue cette semaine, le lundi 29 juin. L’élection présidentielle devrait quant à elle être organisée le 15 juillet prochain.

Lors d’un point de presse à la mi-journée organisé au siège de l’ONU à New York, le porte-parole adjoint du Secrétaire général, Farhan Haq, a déclaré que le Conseil de sécurité déplorait la poursuite des violences au Burundi, où au moins six personnes auraient été tuées mercredi 1er juillet dans la capitale Bujumbura.

Tout en demandant à M. Ban de continuer à suivre de très près l’évolution de la situation dans le pays, les membres du Conseil ont exhorté les Burundais à exprimer leurs opinions pacifiquement, a précisé M. Haq. Ils ont également appelé les autorités burundaises à faire preuve de retenue dans leur gestion des incidents de sécurité, a-t-il ajouté.

Le Conseil a estimé que ces événements sont « un rappel brutal » de la nécessité pour les Burundais de résoudre leurs différends par la voie d’un dialogue constructif en vue de la tenue d’élections consensuelles, pacifiques et crédibles, y compris avec l’aide de l’équipe internationale de la facilitation, a dit le porte-parole.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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20/10/2017
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