Burundi : des experts de l’ONU appellent le Conseil de sécurité à agir pour prévenir la violence

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Des réfugiés du Burundi dans le Sud-Kivu, en République démocratique du Congo (RDC). Photo : OCHA / Naomi Frerotte

Un groupe d'experts des droits de l'homme de l'ONU a exhorté, jeudi, le Conseil de sécurité à prendre des mesures immédiates pour éviter que le Burundi ne sombre à nouveau dans un conflit violent, à l'approche des élections présidentielles qui sont à présent prévues le 21 juillet.

Les sept experts ont affirmé que la décision de reporter de six jours les élections présidentielles qui étaient prévues le 15 juillet, ne change en rien le climat de répression et de peur au Burundi.

Ils ont dénoncé l'escalade d'une violence politiquement motivée au Burundi, alimentée de surcroit par la prévalence de l'impunité dans le pays. Selon eux, la situation actuelle au Burundi risque de déboucher sur un conflit d'envergure en cas de répression et d'intimidation de la population, d'instrumentalisation de la police, de la fermeture des médias indépendants et de la détention de dirigeants de l'opposition et de la société civile. Les experts se sont aussi inquiétés des pressions qui seraient exercées sur le pouvoir judiciaire.

Selon eux, si le Gouvernement persiste à vouloir tenir des élections dans de telles circonstances, aucune autorité ne pourra être conférée aux autorités ainsi élues, et les élections risquent alors de provoquer un haut degré d'instabilité et de confrontations qui risquent de répandre au Rwanda et en République démocratique du Congo.

Aussi, les sept experts ont appelé la communauté internationale à ne pas attendre que des atrocités de masse soient commises avant de se décider à agir, et risquer ainsi un conflit régional majeur.

Près de 145 000 personnes ont déjà fui le pays en raison des violences qui ont suivi l'annonce de la candidature à un troisième mandat de l'actuel Président Pierre Nkurunziza.

Le groupe d’experts comprend le Rapporteur spécial sur la promotion de la vérité, la justice, les réparations et les garanties de non-répétition, Pablo de Greiff ; le Rapporteur spécial sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, Christof Heyns ; la Rapporteuse spéciale sur l’indépendance des juges et des avocats, Gabriela Knaul ; le Rapporteur spécial sur la situation des défenseurs des droits de l’homme, Michel Forst ; le Rapporteur spécial sur la promotion et la protection de la liberté d’opinion et d’expression, David Kaye ; le Rapporteur spécial sur les droits à la liberté de réunion pacifique et d’association, Maina Kiai ; et le Président du Groupe de travail sur la détention arbitraire, Seong-Phil Hong.

(Mise en perspective : Isabelle Dupuis)

 

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20/10/2017
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