Syrie: la commission d’enquête dénonce l'inaction de la communauté internationale

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Sergio Paulo Pinheiro, Président de la Commission d'enquête internationale sur la Syrie (Photo: ONU/ Jean-Marc Ferré).

Les actes de la vie quotidienne ailleurs comme rendre visite au voisin ou aller à la boulangerie sont en Syrie synonymes de vie ou de mort. Au Conseil des droits de l'homme,  la Commission d'enquête internationale de l'ONU a dénoncé le ciblage et les attaques délibérés des populations. Les zones sûres dans ce pays se réduisent comme peau de chagrin, a constaté la Commission, comme en témoignent les déplacements massifs de civils.  Une façon pour l'équipe de Paulo Sergio Pinheiro de dénoncer les sièges de plusieurs villes et l'inaction de la communauté internationale.

 

La poursuite du conflit en Syrie représente un échec profond de la diplomatie. Devant le Conseil des droits de l'homme, le Président de la Commission d'enquête internationale sur la Syrie a accusé les puissances extérieures de nourrir l’escalade de la violence. Paulo Sergio Pinheiro pointe du doigt plusieurs États influents qui agissent de manière équivoque. Ces derniers tout appelant à un règlement politique accentuent leur implication militaire en soutenant les belligérants avec de l’argent, des combattants et des armes. Avec comme conséquences une internationalisation du conflit et la mort de nombreux civils en Syrie.

Cette inaction a donc provoqué un sentiment de totale impunité parmi tous les belligérants. Selon Paulo Pinheiro, bien que la commission décrive depuis quatre ans « une litanie de crimes de guerre et contre l'humanité », la communauté internationale semble incapable d'agir collectivement pour faire triompher la justice en Syrie.

Car sur le terrain, tous les groupes armés visent délibérément les civils. Les sièges et le déni prolongé d’accès à l’aide humanitaire ont ainsi conduit à la malnutrition et à la famine dans les zones assiégées aussi bien par les troupes gouvernementales que par les groupes armés d'opposition. A titre d'exemple, 40% des enfants du camp de Yarmouk souffriraient de malnutrition, victimes de la stratégie « la reddition ou la mort » appliquée par Damas.

( Mise en perspective : Alpha Diallo, Genève, pour la Radio des Nations Unies)

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08/12/2017
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