Sud-Kivu : plus de 10 500 réfugiés burundais enregistrés en un mois

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Des réfugiés burundais. © UNHCR/K.Holt

Plus de dix mille cinq cents réfugiés burundais demandeurs d'asile ont déjà été accueillis au Sud-Kivu depuis le début du mois de mai dernier. Le chef d'antenne de la Commission nationale de réfugiés (CNR), Gratien Mupemba, l'a affirmé samedi 20 juin.

À l'occasion de la Journée internationale des refugiés, Gratien Mupenda a indiqué que parmi ces demandeurs d'asile, 10 425 sont déjà passés à l'enregistrement biométrique.

« Depuis le dernier afflux des réfugiés burundais, le nombre est estimé à 10 588 réfugiés déjà reçus, enregistrés et recensés. De ces 10 588, il y a 10 425 qui sont déjà passés par l'enregistrement biométrique et parmi ces 10 000, il y a 3 229 qui sont déjà orientés vers le site de Lusenda », a-t-il déclaré.

Gratien Mupenda a souligné que ces réfugiés sont d'abord pris en charge par des familles d'accueil et passent ensuite dans les centres de Kavinvira et Lusenda pris en charge par le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

« La plaine de la Ruzizi est pleine de nouveaux réfugiés. Ceux-ci sont d'ailleurs venus s'ajouter aux réfugiés des années antérieures. Le gouvernement de la République démocratique du Congo avec l'appui du HCR avait déjà commencé à ériger dans Uvira centre à Kavinvira un premier centre d'accueil de ces réfugiés mais pour le moment on les oriente vers le site d'hébergement de Lusenda dans le territoire de Fizi », a-t-il ajouté.

Environ deux cent mille réfugiés rwandais sont recensés sur le sol congolais depuis les années 90, après un pré-enregistrement du Gouvernement, a affirmé le chef d'antenne du bureau du HCR au Nord-Kivu, Fafa Olivier Atija.

Il a ajouté que la population rwandaise constitue le gros de réfugiés de la province. Il y a ensuite un groupe de 1500 réfugiés urbains constitués de nationalités diverses comme les Soudanais, des Burundais et puis quelques Ougandais.

Depuis un certain temps, les réfugiés rwandais ne bénéficient plus d'une assistance matérielle à cause des problèmes sécuritaires, a poursuivi Fafa Olivier Atija, qui a précisé que le HCR veille à ce que la protection internationale leur soit accordée en cas de besoin.

De leur côté, les réfugiés urbains déplorent le non accès à l'emploi, le non renouvellement par le Gouvernement de leur carte expirée depuis 3 ans maintenant, et surtout la non prise en charge, à partir de septembre, de la scolarisation de leurs enfants du niveau secondaire par le HCR.

 

« Auparavant, on scolarisait les enfants au niveau primaire et secondaire ; mais on nous a déjà avisés qu'on va tout simplement scolariser les réfugiés au niveau primaire. Nous nous demandons comment ces réfugiés vont rester dans les quartiers, ces enfants deviendront qui dans ce pays d'asile ? », se sont interrogés les parents des enfants.

Ces réfugiés demandent au gouvernement de traiter dans un délai raisonnable les demandes d'asile, car actuellement, le traitement de ces dossiers va parfois au-delà de 5 ans.

(Extrait sonore : Gratien Mupemba, chef d'antenne de la Commission nationale de réfugiés; propos recueillis par Radio Okapi)

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17/10/2017
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