Soudan du Sud : pont aérien d'urgence pour distribuer des trousses de survie aux personnes déplacées

Travailleurs humanitaires en train de charger des trousses de survie dans un avion à destination du Sud Soudan. (Photo: OIM)

Au Sud-Soudan, les agences des Nations Unies et les organisations non-gouvernementales viennent d’activer en urgence un pont aérien pour distribuer des trousses de survie aux personnes déplacées dans les zones difficiles d’accès de l’Etat d’Unity.

Les récentes violences ont touché quelque 750 000 personnes dans le Grand Haut-Nil et forcé environ 150 000 autres sud-soudanais à fuir leurs maisons pour se réfugier dans des zones reculées. La plupart sont des ménages ruraux forcés d’abandonner leurs terres avant d’avoir pu planter les cultures principales de cette saison.

La communauté humanitaire a développé des trousses de survie portables qui comprennent des moustiquaires, des semences de légumes à maturité courte, du matériel de pêche, des conteneurs pour le transport de l’eau, des comprimés de purification de l’eau, des sels de réhydratation orale, des biscuits nutritionnels pour les enfants et des ustensiles de cuisine notamment des tasses, des cuillères, des casseroles et des assiettes.

D’un poids de neuf kilos, la trousse de survie est conçue pour fournir une aide à court terme aux familles vulnérables forcées à fuir et qui n’ont eu d’autre choix que de trouver refuge dans des zones pratiquement inaccessibles. La première distribution de trousses de survie s’est effectuée par hélicoptère, ciblant environ 28 000 PDI qui ont reçu 4 500 trousses.

L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) coordonnent étroitement le côté opérationnel non dénué de difficultés de cette réponse d’urgence, avec l’appui du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA).

Le développement des trousses de survie était un effort multi-agences, soutenu par la FAO, l’OIM, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), le Programme alimentaire mondial (PAM), l’International Rescue Committee, le système des groupes du Sud-Soudan et d’autres partenaires.

«Du fait des contraintes d’accès persistantes dans le Sud-Soudan, les trousses de survie pourraient représenter une nouvelle modalité novatrice pour secourir les personnes extrêmement vulnérables dans les régions reculées», a déclaré l’experte de l’OIM Laura Jones qui coordonne l’action des groupes chargés de l’hébergement et de l’aide non alimentaire.

Le Représentant de l’UNICEF au Sud-Soudan Jonathan Veitch a indiqué: «La majorité de ceux qui ont fui les récentes flambées de violence sont des enfants qui ne survivront pas sans les premières nécessités de la vie comme la nourriture et l’eau potable. Cette réponse à court terme est cruciale alors que nous nous employons à rétablir les services dévastés par le conflit.»

La double priorité de toutes les agences engagées dans cette opération est l’accès illimité aux communautés déplacées et le redéploiement d’équipes de travail complètes sur le terrain.

Depuis décembre 2013, plus de de 2,1 millions de personnes ont été déplacées par le conflit au Sud-Soudan. La communauté humanitaire a réussi à secourir 1,88 million de personnes dans le cadre de l’aide humanitaire depuis janvier 2015, mais elle a besoin d’un milliard de dollars pour poursuivre les opérations de secours que nécessitent les besoins énormes à travers le pays.

 

(Interview : Serge Tissot, représentant de la Fao au Soudan du Sud; propos recueillis par Cristina Silveiro)

 

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15/12/2017
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