Soudan du Sud : l’ONU fait état de violations atroces des droits humains dans l'Etat d'Unity

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Des enfants ont été tués, violés et enlevés lors d'attaques dans l'Etat d'Unité, au Soudan du Sud. Photo UNICEF/Porter

La Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS) a déclaré mardi avoir en sa possession des preuves concernant des violations généralisées des droits de l’homme possiblement commises par l’Armée populaire de libération du Soudan (APLS) et d’autres groupes armés affiliés. Ces violations auraient été commises au cours de la récente escalade des combats dans l’Etat d’Unity.

La MINUSS a interrogé 115 victimes et témoins oculaires originaires de plusieurs comtés de l’État d’Unity (Rubkona, Guit, Koch, Leer et Mayom) dans lesquels l’APLS a lancé une « offensive majeure » contre les forces d’opposition armées à partir de la fin du mois d'avril.

Selon la MINUSS, les survivants de ces attaques ont rapporté que l’APLS et des milices alliées du Comté de Mayom ont mené une offensive contre la population locale, au cours de laquelle des civils ont été tués, des villages ont été pillés et détruits et plus de 100.000 personnes ont été déplacées.

Certaines des allégations les plus sérieuses documentées par la MINUSS font état d’enlèvements et d’abus sexuels à l’encontre de femmes et de filles, dont certaines auraient été brûlées vives à leur domicile.

Dans un rapport, la MINUSS indique que cette récente escalade [des combats] a été marquée par une brutalité et une intensité d’une nature nouvelle . « La portée et le niveau de la cruauté rapportée suggèrent une antipathie profonde qui dépasse les simples différends politiques ».

La MINUSS a cherché à visiter les sites où les atrocités auraient été commises afin de vérifier les allégations, mais son personnel s’est systématiquement vu refuser l’accès par l’APLS, en plus des obstacles logistiques rencontrés.

Depuis la rédaction de son rapport, les experts des droits de l’homme de la MINUSS ont été en mesure de se rendre sur deux sites qui auraient été le cadre d’atrocités et de mener des entretiens supplémentaires avec des témoins et des victimes. La Mission a indiqué que les informations recueillies corroborent les rapports antérieurs.

La Représentante spéciale du Secrétaire général pour le Soudan du Sud a appelé l'APLS à permettre aux experts de la MINUSS d’accéder sans entrave aux sites où des violations ont été signalées. Pour Ellen Margrethe Loej, "révéler la vérité sur ce qui s’est produit offre le meilleur espoir de garantir la reddition de comptes pour des violences si atroces et mettre fin au cycle de l’impunité qui permet à ces exactions de se répéter ». (Mise en perspective: Isabelle Dupuis)

 

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19/10/2017
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