Rapport “Nyakahad Pal” sur les opérations de paix : “l’immunité ne veut pas dire impunité”

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Jose Ramos Horta (UNP hoto/E.Debebe)

Le Groupe indépendant chargé d’évaluer les opérations de paix des Nations Unies a remis mardi son rapport « Nyakahad Pal » au Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon.

Le Rapport, qui est nommé après une petite fille sud soudanaise âgée de trois ans qui a escorté son père aveugle pendant des jours jusqu’à ce qu'ils arrivent auprès de l'UNICEF, contient plus d'une centaine de recommandations, portant sur l'amélioration de ces opérations y compris la prévention des conflits, la primauté des solutions politiques ou encore sur la sanction de la mauvaise conduite du personnel des missions.

Il a été élaboré à travers un processus ouvert et consultatif, y compris via des réunions avec le Conseil de sécurité, plusieurs Commissions de l’Assemblée générale, ainsi que les organisations régionales, les États membres et la société civile.

Le Groupe avait crée par Ban Ki-moon en octobre 2014 dans le but d’évaluer l'état actuel des opérations de la paix de l'ONU et d’identifier les nouveaux besoins pour les rendre plus efficaces, notamment face à la nature changeante des conflits et la montée de l’extrémisme violent.

Suite à la réception du rapport, Ban Ki-moon s'est dit impatient de travailler en étroite collaboration avec les États membres et d’autres partenaires clés sur la façon de mettre en œuvre les « propositions intéressantes » présentées dans le rapport.

Lors de sa presentation du rapport le president du Groupe a souligné la nécessité pour les missions de s’adapter aux contextes dans lesquels elles se déroulent, encourageant l’ONU à harmoniser en une seule séquence les composantes militaires, de police et civiles des opérations de paix.

Aussi le Groupe appelle à des avancées réelles en matière de prévention et recommande la création d’un « forum international sur la prévention s’appuyant sur les ressources externes et les leçons apprises », ainsi que sur un « engagement en amont » du Conseil de sécurité, en vue de répondre aux « menaces émergentes ».

Sur le déploiement rapide, le Groupe recommande à l’ONU de se doter d’une feuille de route pour établir un réseau plus solide de capacités de secours nationales et régionales.

Par rapport au cas d'abus et d'exploitation sexuelle, le Groupe a précisé que le personnel civil ne bénéficiait d'aucune immunité et que le personnel militaire devait répondre des autorités de leurs pays lorsqu'ils faisaient preuve de conduite criminelle.

Jose Ramos Horta, l'ancien président de Timor Leste et prix Nobel de la paix, qui a présidé le Groupe, s'est rendu au Siège de l'ONU pour remettre et présenter le rapport, l'occasion de le recevoir dans nos studios.

 

(Interview : Jose Ramos Horta, l'ancien président de Timor Leste et prix Nobel de la paix, Président du Groupe indépendant chargé d’évaluer les opérations de paix des Nations Unies; propos recueillis par Cristina Silveiro)

 

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12/12/2017
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