ONU : le Conseil adopte une nouvelle résolution contre l'enlèvement d'enfants dans les zones de conflit

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Le Conseil de Sécurité a adopté à l'unanimité jeudi, lors d'une réunion sur les enfants et les conflits armés, une résolution qui ajoute les enlèvements d'enfants à la liste des violations qui déclenchent l’inclusion d’un parti dans les annexes du rapport annuel du Secrétaire général sur les enfants et les conflits armés.

Auparavant les quinze avaient écouté le Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon souligné que l'année 2014 était une année sans précèdent au niveau des défis pour les enfants et les conflits armés, qui affectent quelques 230 millions d'enfants sur notre planète.

« Partout dans le monde, des milliers d’enfants ont souffert d’actes qu’aucun enfant ne devrait subir. Ils ont été tués, mutilés, recrutés de force, torturés et abusés sexuellement. Leurs écoles ont été détruites », a déclaré le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, présentant aux membres du Conseil les conclusions de son rapport sur les enfants et les conflits armés en 2014.

« Et, ce qui est une tendance inquiétante, les enlèvements ont augmenté de manière drastique », a-t-il ajouté, précisant que des groupes armés, tels que l’Armée de résistance du Seigneur, ont kidnappé des milliers d’enfants en 2014. Ban Ki-moon s’est aussi indigné du fait que des groupes terroristes comme Daesh (autrement appelé l’Etat islamique d’Iraq et du Levant) et Boko Haram utilisent désormais les enlèvements d’enfant comme des tactiques pour terroriser les populations et prendre pour cible un groupe ethnique ou religieux en particulier.

La Représentante spéciale pour les enfants et les conflits armés, Leila Zerrougui est revenue sur quelques 23 conflits qui figurent dans le rapport, précisant que les pays où les répercussions des conflits sur le bien-être des enfants ont été les plus terribles sont l’Afghanistan, l’Iraq, le Soudan du Sud, la Palestine, la Syrie et le Yémen.

« Nous avons vu des enfants forcés de devenir des kamikazes et des boucliers humains, et beaucoup d’autres être publiquement exécutés », s’est-elle indignée. Leila Zerrougui a cependant noté des progrès quant à l’enrôlement de force des enfants par des groupes armés non étatiques, mentionnant notamment la libération récente de 300 enfants en République centrafricaine suite au Forum de Bangui par les milices anti-Balaka et ex-Seleka.

« Nous avons constaté d’importantes avancées en 2014 en Afghanistan, au Myanmar, en République démocratique du Congo et en Somalie », a-t-elle ajouté. En revanche, la Représentante spéciale de l’ONU s’est inquiétée de la situation au Soudan du Sud, où des enfants âgés d’à peine quatre mois sont pris pour cible en raison de leur appartenance ethnique dans l’Etat d’Unity.

« Dans un cas précis, de jeunes garçons qui ne sont pas parvenus à s’échapper de leur village suite à une attaque auraient été attachés ensemble avec une corde et on leur aurait tranché la gorge », a-t-elle dit.

« L’enjeu est considérable : une génération toute entière d’enfants compte sur nous pour faire entendre leur voix et raconter leur histoire », a déclaré Leila Zerrougui. « Et surtout, pour agir ».

 

(Extrait sonore : Leila Zerrougui, Représentante spéciale pour les enfants et les conflits armés; propos recueillis par Cristina Silveiro)

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11/12/2017
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