Nombre record de 60 millions de réfugiés et déplacés en 2014

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Le nombre de déplacés et de réfugiés suite aux multiples conflits dans le monde a atteint le niveau record de 60 millions de personnes en 2014. Dans son rapport annuel, le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) constate une «accélération saisissante» du nombre de personnes forcées à fuir les conflits. Chaque jour, en 2014, 42 500 personnes sont devenues des réfugiés, des déplacés internes ou des demandeurs d’asile.

Alpha Diallo, notre Correspondant à Genève nous décrypte ce rapport du HCR.

 

Il s'agit d'un nouveau record du nombre de personnes déplacées par des conflits. Selon le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés, 59 millions de personnes sont déplacées. Des mouvements de population qui confirment une tendance à la hausse depuis cinq ans. Et l’an dernier n'a pas échappé à cette augmentation du nombre de personnes forcées à fuir les conflits. Chaque jour, en 2014, 42.000 personnes sont devenues des réfugiés, des déplacés internes ou des demandeurs d’asile.

António Guterres, Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés :

« Il y a une accélération saisissante du nombre de personnes forcées à fuir. Nous attendons un pic du nombre de déplacés et réfugiés pour la fin de l’année. Nous sommes donc les témoins d’un glissement incontrôlé vers une ère qui est désormais le théâtre de déplacements forcés sans précédent à travers le monde. Pourtant, il faut reconnaitre que nous n’avons pas les capacités et les ressources pour toutes ces victimes des conflits. Nous ne sommes plus capables de ramasser les morceaux ».

Trois pays sont à l’origine du plus grand nombre de réfugiés: la Syrie (3,9 millions), l’Afghanistan (2,6 millions) et la Somalie (1,1 million). Et par habitant, le Liban accueille le plus grand nombre de réfugiés suivi de près par la Jordanie. Et à Amman, les réfugiés syriens sont parfois dans le dénouement total. António Guterres :

« Nous avons un rapport qui a été fait par le HCR et ses partenaires avec 40.000 visites à des ménages syriens dans les communautés en Jordanie. 86% des Syriens qui ne sont pas dans les camps et vivant parmi les communautés vivent au-dessous du niveau jordanien de pauvreté telle que défini par la Jordanie. C'est cette détérioration des conditions de vie qui naturellement mènent beaucoup de gens à essayer de trouver des solutions un peu plus loin. »

Car près de neuf réfugiés sur dix se retrouvent dans des pays considérés comme économiquement moins développés. A cet égard, le Haut-Commissaire regrette les restrictions à l’accueil des réfugiés.

« Nous considérons que c'est extrêmement important que l'Europe, non seulement facilite l'accès à ceux qui essaient de traverser la Méditerranée, mais il y ait plus de forme légale pour les réfugiés d'arriver en Europe. Ça veut dire, réinstallation, relocalisation, mais ça veut dire aussi politique de visa plus flexible, programme de réunification des familles et d'autres moyens pour permettre aux gens qui veulent accéder à la protection européenne d'entrer légalement dans le territoire européen et de ne pas souffrir les drames que nous constations en Méditerranée. »

Le HCR constate d'ailleurs une croissance spectaculaire du nombre de réfugiés et de migrants qui entreprennent des traversées périlleuses en mer, notamment en Méditerranée, dans le golfe d’Aden et en mer Rouge, ainsi qu’en Asie du Sud-Est. M. Guterres estime que le meilleur moyen de lutter contre les passeurs et autres trafiquants est de trouver les moyens légaux pour accueillir ces réfugiés.

« Mais il faut faire attention ! Combattre les passeurs et les trafiquants ne peut être fait que d'une façon qui protège entièrement la situation de leurs victimes. C'est-à-dire des réfugiés et d'autres migrants qui essaient d'arriver en Europe. Ça doit être, à notre avis, le critère clé pour n'importe quelle action et c'est à mon avis évident, que cette protection des victimes a des conséquences naturelles sur la nature des opérations qui puissent être menées parce que c'est notre priorité absolue : sauver des vies et protéger les victimes ».

Le HCR dénombre ces cinq dernières années au moins 14 conflits qui ont éclaté ou repris. Il s'agit de huit en Afrique (Côte d’Ivoire, République Centrafricaine, Libye, Mali, nord du Nigeria, République démocratique du Congo, Soudan du sud et cette année le Burundi). Syrie, Iraq et Yémen sont les trois conflits meurtriers du Moyen-Orient. Reste la guerre civile en Ukraine dans le continent européen. Kirghizstan ainsi que plusieurs régions du Myanmar et du Pakistan complètent ce tableau en Asie.

 

(Mise en perspective d’Alpha Diallo à Genève; avec des extraits sonores d’António Guterres, Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés)

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15/12/2017
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