Nigeria : le Haut-Commissaire Zeid dénonce les abus commis par Boko Haram et les militaires nigérians

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Un groupe de réfugiés à Diffa, au Niger, ayant fui la violence de Boko Haram, au Nigéria. Photo OCHA/Franck Kuwonu

Le Haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme a dénoncé les abus systématiques commis à la fois par les islamistes du mouvement Boko Haram et les militaires nigérians et demandé au nouveau président du Nigeria de traduire les coupables en justice.

Selon le Chef des droits de l'homme de l'ONU, « les civils dans le nord-est du Nigeria ont vécu des actes terribles de cruauté et de violence commis par Boko Haram ». Mais il y a également eu des rapports alarmants de violations flagrantes commises par les militaires nigérians.

Les crimes de Boko Haram incluent des meurtres gratuits, des exécutions sommaires, des participations forcées à des opérations militaires, y compris l’emploi d’enfants pour faire exploser des bombes, le travail forcé, les mariages forcés et les violences sexuelles. Les services du Haut-Commissaire Zeid ont également reçu des témoignages selon lesquelles Boko Haram amputait les mains d’enfants suspectés de vols, de rassemblements de villageois sous prétexte d’écouter un sermon, et qui étaient ensuite abattus par balles, et de la mise à mort par lapidation d’un homme « accusé de fornication ».

Ravina Shamdasani, porte-parole du Haut-Commissariat aux droits de l'homme de l'ONU :

« Le Haut-Commissaire Zeid a exhorté la nouvelle administration du président nigérian Muhammadu Buhari à prendre des mesures urgentes pour traduire en justice les auteurs de violations des droits de l’homme qu'ils soient des acteurs non étatiques ou de l’État. Il a également appelé les autorités à veiller à ce que les opérations anti-insurrectionnelles ne conduisent pas à des violations plus massives des droits de l’homme dans le nord-est du pays.  Ceci est très important pour s’assurer que les victimes de Boko Haram ne soient pas aussi les victimes de leur propre gouvernement ».

Car du côté gouvernemental, des rapports évoquent des gens emprisonnés pendant près de 5 jours, sans eau ni nourriture, car ils étaient suspectés d’appartenir à Boko Haram. D'autres informations font état « des arrestations et détentions arbitraires, des tortures et des exécutions sommaires et de l’absence de protection des civils pendant les opérations militaires » de l'armée nigériane.

(Extrait sonore : Ravina Shamdasani, porte-parole du Haut-Commissariat aux droits de l'homme de l'ONU ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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20/10/2017
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