FAO: Sept pays africains ont atteint les cibles fixées par les OMD en matière d'insécurité alimentaire

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Le nombre d'enfants de moins de cinq ans avec une insuffisance pondérale a reculé (Photo:FAO)

Selon l'édition 2015 de la Vue d'ensemble régionale sur l'insécurité alimentaire en Afrique subsaharienne : l'Angola, Djibouti, le Cameroun, le Gabon, le Ghana, le Mali et Sao Tomé-et-Principe ont atteint à la fois les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD); à savoir réduire de moitié la proportion de la population souffrant de la faim; et la réduction de moitié du nombre absolu de personnes souffrant de malnutrition. L'Afrique de l'Ouest, en particulier, a accompli des progrès remarquables, en réduisant la prévalence de la sous-alimentation de 60%.

« En termes absolus, cela signifie une réduction de près de 11 millions du nombre de personnes souffrant de la faim, ce qui est un progrès considérable si l'on prend en compte la croissance rapide de la population et les sécheresses récurrentes dans les pays du Sahel », a déclaré M. Bukar Tijani, Sous-directeur général et Représentant régional de la FAO pour l'Afrique.

Aujourd'hui, environ une personne sur quatre souffre de la sous-alimentation en Afrique subsaharienne contre une personne sur trois il y a 25 ans. En dépit des progrès accomplis, le déficit demeure considérable quant à réduire de moitié le nombre de personnes souffrant de la malnutrition.

En effet, ce nombre a augmenté d'environ 44 millions en Afrique subsaharienne dans son ensemble depuis 1990, passant de 176 millions à une estimation de 220 millions en 2015.

Cela contraste avec la réduction mondiale du nombre de personnes souffrant de la faim qui a diminué de 1,011 milliards de personnes en 1990 à 795 millions aujourd'hui.

Le nombre de personnes souffrant de la faim a augmenté d'environ 20% en Afrique de l'Est, à cause des conditions climatiques défavorables et à la sécheresse. En Afrique centrale, ce nombre a presque doublé, principalement à cause des troubles civils.

Le rapport présente brièvement les expériences réussies de certains pays africains ayant contribué à améliorer leur sécurité nutritionnelle et alimentaire par le biais de programmes, de mécanismes institutionnelles et de gouvernance ainsi que par des efforts visant à mettre en place et à maintenir des politiques novatrices.

Le rapport mondial sur l'insécurité alimentaire montre que l'essor de la productivité agricole a été un facteur clé ayant permis d'atteindre une réduction de la faim.

Le rapport régional identifie un autre facteur clé en Afrique: la mise en œuvre le Programme détaillé pour le développement de l'agriculture africaine (PDDAA) et qui cible des politiques visant à promouvoir l'égalité des sexes et qui donne la priorité aux domaines de l'agriculture, de l'environnement, de l'eau et de l'investissement.

L'Afrique de l'Ouest a enregistré des performances dans ce domaine, ayant obtenu des résultats nettement meilleurs en matière de réduction de la faim. Le renforcement de l'intégration régionale en est une des raisons : au cours des 30 dernières années, les organisations ouest-africaines ont largement investi dans la mise en place des institutions régionales et le renforcement des ressources humaines pour le développement de l'agriculture dans la sous-région ; en particulier, en matière de suivi de la sécurité alimentaire et de l'atténuation des risques.

Cette évolution a contribué à une croissance économique renforcée qui a conduit à une amélioration considérable des conditions d'existence et du bien-être de millions d'africains.

(propos de Koffi Amegbeto, économiste chargé des systèmes alimentaires de la FAO pour l'Afrique, recueillis par Murielle Sarr)

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15/12/2017
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