Erythrée : le Comité des droits de l'enfant dénonce les camps préparatoires des enfants

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Des enfants érythréens dans le camp Shagarab à l’est du Soudan. Photo d'archives: UNHCR / K. Ringuette

Le Comité des droits de l'enfant a dénoncé l'incorporation d'enfants dans l'armée érythréenne et a demandé à Asmara de veiller à ce que les enfants ne soient pas enrôlés pour effectuer ce service militaire obligatoire. Les experts de l'ONU ont publié ce mercredi à Genève leurs observations finales concernant le rapport de l'Erythrée qui a été examiné le 20 mai dernier. A cette occasion, Asmara avait rappelé que si la conscription est une obligation nationale, il ne s’agissait pas de l’imposer indéfiniment.

Il faut juste signaler que les élèves en douzième année d'études générales sont régulièrement incorporés en tant que conscrits dans les forces armées et suivent un entraînement militaire au camp de Sawa. Lors de l'examen du rapport de l'Erythrée le 20 mai dernier à Genève et en réponse à d’autres questions des experts du Comité sur le service militaire et la fuite des adolescents du pays, Asmara avait défendu l’existence d’un service militaire de 18 mois et de camps préparatoires d’été n’excédant pas un mois. L'Erythrée avait alors qualifié ce processus d’apprentissage et de préparation à la vie.

Par ailleurs, le Comité a également demandé à l'Erythrée de mettre fin à la pratique de la «culpabilité par association» et cesser de sanctionner les familles des conscrits réfractaires ou déserteurs. En effet, si l'insoumis ou le déserteur reste introuvable, ce sont souvent les membres de sa famille qui sont punis à sa place, conformément au principe de la «culpabilité par association».

Un grand nombre de personnes quittant le pays, y compris les enfants non accompagnés, font face au trafic d’êtres humains, à la contrebande ou à l’enlèvement. Des officiers supérieurs de l'armée seraient impliqués dans ce trafic. Dans ces conditions, le Comité demande à Asmara d’ouvrir des enquêtes et de poursuivre toutes les personnes responsables de ce trafic et de l’enlèvement d’enfants.

Néanmoins, le Comité s'est félicité de la ratification par l’État partie en 2014 de la Convention contre la torture et autres peines et traitements cruels, inhumains ou dégradants en 2014. Le Comité a enfin accueilli favorablement l'adoption en 2014 d'une politique nationale de l’enfance et d'une politique nationale sur la nutrition et l’alimentation des nourrissons et des jeunes enfants en juillet 2013.

(Interview : Suzanne Aho Assouma, membre du Comité des droits de l'enfant de l'ONU et Co-rapporteuse pour le rapport de l’Érythrée ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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18/10/2017
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