Conseil des droits de l'homme : haro sur la diabolisation des migrants

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La salle des civilisations à Genève qui abrite les travaux de la 29e session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU. UN Photo/Pierre Albouy

Les conflits, les persécutions, la mauvaise gouvernance et les violations des droits humains et de droits économiques, sociaux et culturels forcent des millions de personnes à quitter leurs pays, donnant lieu à l'exploitation, à la violence et au refus d'aide. Telle est la conviction de Zeid Ra'ad Al Hussein, Chef des droits de l'homme de l'ONU lors d'un débat du Conseil des droits de l'homme  sur les droits des migrants. Avec ou sans visa, les migrants ont des droits. Le Haut-Commissaire Zeid s'est dit choqué par la « diabolisation » de ces personnes dans de nombreux pays qui ne manquent de rien, et a appelé les membres du Conseil à s'opposer à cette tendance dangereuse.

L'Algérie, au nom du Groupe africain, a demandé à la communauté internationale de prendre des mesures d'urgence pour protéger les migrants et éradiquer les réseaux de passeurs. Les États doivent aussi respecter leurs obligations s'agissant de la protection de demandeurs d'asile. Le Groupe africain demande aussi à la communauté internationale d'agir sur les causes profondes des migrations, notamment économiques.

Boudjemâa Delmi, Ambassadeur de l'Algérie :

« La première dimension est celle de l’urgence, qui consisterait à prendre des  mesures visant d’abord à sauver la vie de ceux qui se trouvent en situation de détresse, ensuite à protéger et à prêter assistance a ceux qui ont la chance d’arriver à destination.

Il est urgent et important de mettre un terme définitif aux activités illégales des réseaux de passeurs qui organisent ces flux migratoires. Tout comme il est important que le déploiement des moyens adéquats en termes de secours et de préservation des vies des migrants et de protection de leurs droits humains, mais aussi en termes de coopération par l’échange d’informations pour lutter contre les réseaux de passeurs.

La deuxième dimension viserait de protéger les droits consacrés des réfugiés politiques et des migrants économiques ou écologiques par l'acceptation de leur accueil et de leur installation jusqu’à la réunion des conditions favorables au retour dans leur pays d’origine.

I1 y a l’impérieuse nécessité de respecter la liberté de circulation des personnes par la facilitation des octrois des visas et l’ouverture des espaces de la migration légale. »

L'Union européenne s'est dite profondément préoccupée par la mort de nombreux migrants. Elle entend donc limiter les pertes humaines et préconise de lutter contre le trafic des êtres humains en améliorant la gouvernance des pays d'origine et en remédiant aux causes économiques et politiques du départ des migrants.

De son côté, le Rapporteur spécial sur les droits de l’homme des migrants a rappelé que les migrants ne sont pas seulement un nombre statistique, mais des êtres humains, dépositaires de droits, comme n'importe quelle autre personne. Les chiffres ne font que les déshumaniser, a prévenu François Crépeau. Le Rapporteur spécial a également observé que les migrants n'ont d'autres choix que de partir. Ceux qui survivent, croient qu'ils ne font rien de mal et qu'ils ne font que fuir la violence, les persécutions, et cherchent un travail pour subvenir aux besoins de leurs familles.

Ce débat du Conseil des droits de l’homme sur les migrants s'est tenu à la demande de l’Union européenne, surtout avec une actualité marquée ces derniers jours par une augmentation du nombre de migrants cherchant un refuge en Europe, en Asie du sud-est et en Australie.

(Extrait sonore : Boudjemâa Delmi, Ambassadeur de l'Algérie auprès de l'Office des Nations Unies à Genève)

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15/12/2017
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