Climat : pour des actions ambitieuses d'atténuation, d'adaptation et de mise en œuvre

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Monique Barbut, Secrétaire executive de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertificaiton (Credit: UN Photo/JC McIlwaine)

À cinq mois de la Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP 21) qui se tiendra à Paris, en France, du 30 novembre au 11 décembre 2015, une manifestation de haut niveau sur les changements climatiques est organisée depuis lundi par l’Assemblée générale des Nations Unies.

En présence du Secrétaire général des Nations Unies et des représentants de près de 200 pays, dont une trentaine de ministres de l'environnement ou des affaires étrangères, cette réunion offert lundi matin à ses participants l'opportunité de lancer de nombreux appels à l'action pour donner une nouvelle impulsion destinée à accélérer la négociation d'un accord sur le climat qui soit ambitieux, universel et contraignant.

Animée par l'ancien président du Mexique, M. Felipe Calderon, en sa qualité de Président de la Commission mondiale sur l'économie et le climat (CMEC), la table ronde numéro 2, organisée dans l'après-midi, de lundi, a eu pour thème : « Mobiliser les parties prenantes pour des actions ambitieuses sur l'atténuation, l'adaptation et les moyens de mise en œuvre ». Les participants à cette table ronde ont entendu les présentations liminaires de Mme Edna Molewa, Ministre de l'eau et de l'environnement de l'Afrique du Sud ; M. Gabriel Vallejo, Ministre de l'environnement et du développement durable de la Colombie ; M. Ephraim Kamuntu, Ministre de l'eau et de l'environnement de l'Ouganda ; Mme Isabella Lövin, Ministre de la coopération internationale pour le développement de la Suède ; et M. Trigg Talley, Envoyé spécial adjoint des États-Unis pour le changement climatique.

De nombreux intervenants aux échanges de cette table ronde ont souligné les synergies à trouver entre la COP 21 et la Troisième Conférence internationale des Nations Unies sur le financement du développement, qui doit avoir lieu à Addis Abeba, en Éthiopie, du 13 au 16 juillet prochain, ainsi qu'avec la Conférence mondiale sur les Objectifs de développement durable (ODD) qui se tiendra au Siège de l'ONU à New York au mois de septembre. Les intervenant ont à ce propos rappelé que 6 des 17 ODD examinés concernent l'environnement.

Toujours dans le domaine des synergies, Monique Barbut, Secrétaire exécutive de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (UNCCD), a jugé indispensable d'intégrer la réhabilitation des terres dégradées à la négociation climatique. Si le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat(GIEC) note que la productivité agricole mondiale va décliner de 2 % tous les dix ans à cause des changements climatiques, Mme Barbut a rappelé que pour nourrir les 9,6 milliards d'habitants qu'accueillera la planète à l'horizon 2050, il faudra augmenter de 75 % la production alimentaire par rapport au niveau actuel. Pour y parvenir, il faut réhabiliter 4 nouveaux millions d'hectares de terres chaque année, a-t-elle indiqué, avant de citer l'objectif de parvenir à la « neutralité en termes de dégradation des terres d'ici 2030 ».

Des délégations ont aussi salué l'importance du Fonds vert pour le climat, créé à Copenhague en 2009, en tant que mécanisme financier de l'ONU rattaché à la CCNUCC, avec pour objectif de réaliser le transfert de fonds des pays les plus avancés vers les pays les plus vulnérables pour leur permettre de mettre en place des projets pour combattre les effets des changements climatiques.

Les pays bénéficiant d'une grande couverture forestière ont aussi mis l'accent sur la réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts dans les pays en développement, et sur le rôle de la conservation, de la gestion durable des forêts, et du renforcement des stocks de carbone forestiers dans les pays en développement (REDD+). Rappelant que la déforestation mondiale est à l'origine de 20% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, ils ont rappelé l'importance du programme REDD+ en tant qu'élément du régime international d'atténuation des effets du changement climatique.

(Extrait sonore : Monique Barbut, Secrétaire exécutive de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification)

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15/12/2017
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