Burundi/Élections : à la mi-journée, la Mission électorale de l'ONU ne rapportait aucun incident

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Les élections de 2015 seront les troisièmes après la fin de la guerre civile. Ici, en 2005. Photo ONU/ Martine Perret

Après la décision des autorités du Burundi de maintenir les élections programmées ce lundi 29 juin, la Mission électorale des Nations Unies au Burundi (MENUB) suit grâce à ses observateurs le scrutin sur l'ensemble du territoire. Ainsi dix-huit équipes composées chacune de deux observateurs ont vérifié le bon déroulement du scrutin.

Joint à la mi-journée par la Radio des Nations Unies, le porte-parole de la Mission, Vladimir Monteiro, indiquait que pour l'instant aucun incident n'avait été signalé.

Dans une déclaration publiée dimanche, Ban Ki-moon a indiqué que le groupe international de facilitation à Bujumbura a travaillé dur pour aider les parties burundaises à parvenir à un consensus sur la voie à suivre en vue de la tenue d’élections libres, justes, inclusives et pacifiques.

Le Secrétaire général, Ban Ki-moon, s'est dit préoccupé par « l’insistance » du gouvernement du Burundi à maintenir la date des élections au 29 juin, en dépit de l’environnement politique et sécuritaire qui prévaut actuellement dans le pays.

Le Secrétaire general a déploré l’intransigeance des parties, qui a causé l’échec de « ces efforts significatifs».

Ban Ki-moon a rappelé que le Conseil de sécurité a mandaté la Mission d’observation de l'ONU au Burundi (MENUB) dans le but d’observer la conduite des élections. Il a indiqué que dans l’accomplissement de son mandat, la MENUB continuera à travailler de façon professionnelle et impartiale, conformément à la législation électorale nationale en vigueur et aux instruments internationaux, principes et règles d’observation des élections.

Le Secrétaire général a également rappelé qu’il incombait au gouvernement du Burundi de faire en sorte que les élections se déroulent dans un environnement sûr et de garantir la sécurité des observateurs de l’ONU, afin que ces derniers puissent exercer leur mandat « à l’abri de toute intimidation ou harcèlement ».

Ban Ki-moon a de nouveau appelé l'ensemble des dirigeants politiques burundais à prendre en compte l’intérêt général de la population du pays et à résoudre les problèmes politiques par le dialogue, afin de préserver la paix et de renforcer la réconciliation nationale.

Le Secrétaire général a en outre condamné les attaques récentes survenues dans le pays et a appelé tous les Burundais à s’abstenir de se livrer à des actes de violence, et ce en vertu de la Charte de la non-violence acceptée par toutes les parties.

Le Burundi est en proie à une vague d’agitation depuis le 26 avril, date à laquelle le parti au pouvoir, le Conseil national pour la défense de la démocratie–forces pour la défense de la démocratie (CNDD-FDD), a décidé d’investir le Président Pierre Nkurunziza comme candidat à l’élection présidentielle.

L’opposition burundaise, estimant qu’une troisième candidature du Président sortant est anticonstitutionnelle, a appelé à manifester contre cette nomination, provoquant une vague de violence et de répression de la part des autorités contre les manifestants.

(Interview : Vladimir Monteiro, porte-parole de la Mission électorale des Nations Unies au Burundi; propos recueillis par Priscilla Lecomte)

 

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15/12/2017
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