À San Francisco, Ban Ki-moon célèbre le 70ème anniversaire de la Charte de l’ONU

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Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon (au podium), lors d'une cérémonie commémorant le 70ème anniversaire de l'adoption de la Charte des Nations Unies à San Francisco. Photo : ONU /Mark Garten

Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon (au podium), lors d'une cérémonie commémorant le 70ème anniversaire de l'adoption de la Charte des Nations Unies à San Francisco. Photo : ONU /Mark Garten

Donner vie à l’idée même de l’Organisation des Nations Unies a nécessité d’énormes avancées dans l’art de gouverner et de surmonter les différences, a déclaré vendredi le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, en visite à San Francisco, où il commémorait le 70ème anniversaire de l’adoption de la Charte des Nations Unies.

« En signant ce document, les fondateurs de l’Organisation ont donné corps ce que nombre de personnes pensait impossible. Il nous revient de répondre à l’appel de la Charte à « unir nos forces » et à utiliser leur création – les Nations Unies – pour le bien commun », a-t-il indiqué, ajoutant que la rédaction de la Charte était un « pari hors du commun ».

Plusieurs hauts fonctionnaires ont assisté à la cérémonie, dont Nancy Pelosi, Chef de la majorité démocrate à la Chambre des représentants du Congrès des Etats-Unis ; Jerry Brown, gouverneur de Californie ; Edwin Lee, maire de San Francisco ; et Malala Yousafzai, lauréate du prix Nobel de la paix, que le chef de l’ONU considère comme le « porte-flambeau » de sa génération.

« En l’espace d’une génération, beaucoup d’espoir a été enseveli dans les tranchées et dans les chambres à gaz des deux guerres mondiales. Mais les auteurs de la Charte ont osé croire en quelque chose de plus considérable qu’une personne ou un pays. Grâce à des négociations soutenues, les délégués ont réalisé leur rêve ».

Pendant deux mois, plus de trois mille hommes et femmes se sont réunis au War Memorial de San Francisco dans un « Palais de la Paix ». L’une d’elles était Ellen Magnin Newman, une lycéenne à l’époque. C’était une interprète espagnole qui a aidé tout le monde à parler le langage universel de la paix, a-t-il dit en présentant au public Mme Newman lors de la cérémonie.

Avec l’adoption de la Charte, un monde défait a trouvé la voie du renouvellement, a poursuivi le Secrétaire général, tout en rappelant que, né quelques mois avant l’Organisation, il a lui-même été transformé par les Nations Unies.

« Quand la guerre de Corée a ravagé mon pays, j’ai perdu ma maison, mon école, tout ce que je connaissais. Puis est venu une aide portant le sceau des Nations Unies : des sacs de grain de l’UNICEF, des manuels de l’UNESCO et de nombreux jeunes soldats en provenance de 21 pays, dont les États-Unis. Les Nations Unies nous ont montré que nous n’étions pas seuls », a lancé M. Ban.

« Aujourd’hui, quand je me rends dans des camps de réfugiés et des zones de conflit à travers le monde, je dis aux jeunes : vous n’êtes pas seul. Je l’ai fait, vous pouvez le faire aussi. Les Nations Unies se tiendront à vos côtés », a déclaré le chef de l’ONU, en soulignant que tous les jours, l’ONU apporte une aide alimentaire, fournit des abris aux réfugiés et vaccine les enfants contre les maladies mortelles.

« Chaque jour, nous défendons les droits humains pour tous, sans distinction de race, de religion, de nationalité, le sexe ou d’orientation sexuelle», a-t-il rappelé, saluant à cet égard la décision de la Cour suprême des États-Unis légalisant le mariage pour les couples américains de même sexe sur l’ensemble du territoire.

Les Nations Unies ont contribué au démantèlement du colonialisme, à rendre leur liberté à des millions de personnes et à mobiliser le monde contre l’apartheid, a-t-il poursuivi. Ses « soldats de la paix » sont sur toutes les lignes de front, tandis que nos médiateurs facilitent les négociations.

« Pourtant, la tragédie ne nous a pas épargné à chaque étape du chemin. Le génocide, la guerre, les indignités quotidiennes et les abus affligent encore beaucoup trop de gens, en particulier les femmes », a-t-il affirmé, expliquant que les conflits forcent plus de personnes à fuir leurs maisons aujourd’hui qu’à aucun autre moment depuis la Deuxième Guerre mondiale.

« Les Forces de la division sont en marche, tandis que se répand la fausse promesse de l’isolement dans un monde toujours plus interdépendant. Et la planète elle-même est en danger », a-t-il prévenu, en concluant « Nous avons un travail considérable à fournir ».

Pour y parvenir M. Ban a rappelé qu’en septembre, les dirigeants du monde entier adopteront un nouveau programme de développement pour l’après-2015 dans l’espoir de mettre fin à la pauvreté mondiale. Et en décembre, a-t-il ajouté, la communauté internationale devrait conclure un accord audacieux sur le changement climatique afin de placer le monde sur le chemin de la viabilité.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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17/10/2017
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