Violence armée : plus de 500.000 morts par an dans le monde et des conflits plus meurtriers

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Le camp de Yarmouk en Syrie. qui est dans le trio de tête des pays les plus meurtriers au monde, selon « Small Arms Survey » (Photo UNRWA/W. Masoud)

La violence tue 508.000 personnes chaque année dans le monde, selon une étude publiée vendredi à Genève. La Syrie, le Honduras et le Venezuela sont les trois pays les plus meurtriers. Le Fardeau mondial de la violence armée 2015 révèle que les morts violentes ont été moins nombreuses dans le monde mais que les conflits se sont faits plus meurtriers.

Selon cette étude réalisée par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et « Small Arms Survey » à Genève, la violence a fait légèrement moins de morts pendant la période couverte par cette étude (2007 à 2012) que lors de la période précédente (2004 à 2009), soit 508.000 par an en moyenne contre 556.000.

Par contre, les conflits armés ont été à l’origine de 77.000 morts au cours de la période 2007 à 2012, contre 55.000 selon l’étude précédente.

Les données montrent une très forte concentration de la violence meurtrière sur un petit nombre de pays : 25 % des morts violentes sont survenues dans 18 pays qui n'abritent que 4 % de la population mondiale.

Par région, l’Amérique centrale, l’Afrique australe, les Caraïbes, l’Amérique du Sud, l’Afrique centrale et l’Afrique du Nord sont les zones où l’insécurité est la plus répandue. L’Europe de l’Ouest est la région qui recense le moins de morts violentes au monde par habitant.

Par ailleurs, le nombre total de femmes victimes d'homicides a diminué. À l'échelle mondiale, on estime le nombre annuel moyen de fémicides à 60 000 sur la période étudiée, ce qui représente une diminution de près de 10 % par rapport à la période 2004-2009. En comparaison avec les chiffres publiés en 2011, les augmentations les plus spectaculaires ont été observées au Salvador et au Honduras. En Afrique du Sud, les taux ont baissé mais sont restés élevés.

Il faut juste signaler que les trois éditions du Fardeau mondial de la violence armée s'appuient sur une base de données exhaustive qui inclut les morts violentes survenues dans et hors des zones de conflit. Les recherches menées par le Small Arms Survey, basé à Genève, sont un outil de suivi indispensable pour la Déclaration de Genève sur la violence armée et le développement. Cette initiative diplomatique a été lancée en 2006 par la Suisse et le PNUD dans le but d'aboutir, à l'horizon 2015, à une réduction quantifiable du fardeau de la violence armée.

(Interview : Luigi de Martino, Chercheur principal à « Small Arms Survey » ; propos recueillis par Alpha Diallo)

Classé sous Droit et crime, L'info.
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08/12/2017
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