Soudan du Sud : l’envoyée de l’ONU s’inquiète de la détérioration récente de la situation

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La Représentante spéciale du Secrétaire général pour le Soudan du Sud, Ellen Margrethe Loej, s'exprime devant le Conseil de sécurité. Photo : UN Photo/Rick Bajornas

La Représentante spéciale du Secrétaire général pour le Soudan du Sud, Ellen Margrethe Loej, a exprimé jeudi devant le Conseil de sécurité sa profonde préoccupation concernant la détérioration de la situation en matière de sécurité en avril et en mai.

Elle a notamment fait référence « à l’activité militaire significative dans les Etats d’Unité, du Haut-Nil et de Jonglei, au mépris total de l’accord de cessation des hostilités ».

« Ceci est très inquiétant car cela a un impact dévastateur sur la population civile dans ces régions. En outre, de plus en plus d’informations indiquent un grand nombre de violations des droits de l’homme, y compris des meurtres, des viols et des harcèlements de civils, notamment de femmes, d’enfants et de personnes âgées, ainsi que la destruction de biens appartenant à des civils et de moyens de subsistance », a souligné Mme Loej dans un exposé devant les membres du Conseil.

Selon elle, la situation la plus sérieuse a lieu actuellement dans l’Etat d’Unité, où des informations font d’état d’affrontements à mesure que l’Armée populaire de libération du Soudan (SPLA) avance dans le sud de l’Etat en direction de Koch, Leer et Adok.

La Représentante spéciale a également noté que les combats et les tensions tribales dans les Etats du Haut-Nil, d’Unité et de Jonglei se font sentir à l’intérieur même des sites de protection des civils gérés par la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS).

« Non seulement, davantage de déplacés arrivent mais les affrontements ethniques, politiques et tribaux ont augmenté au cours des derniers mois », a-t-elle ajouté, faisant référence notamment à un récent incident à Juba le 12 mai.

S’agissant de la situation humanitaire, Mme Loej a rappelé que cette situation était très préoccupante. Plus de 2 millions de personnes sont toujours déplacées, dont 1,5 million de déplacés internes et plus de 500.000 personnes réfugiées dans les pays voisins.

Concernant les droits de l’homme, la Représentante spéciale a dit qu’elle restait toujours « choquée par le manque de respect envers la vie humaine au Soudan du Sud », précisant que la MINUSS continuait de recevoir des rapports sur des violations flagrantes des droits de l’homme.

La situation économique au Soudan du Sud se détériore également, avec une chute des revenus pétroliers, de lourdes dépenses militaires et l’incapacité du gouvernement à s’assurer d’un soutien financier externe, a souligné Mme Loej.

Selon elle, cette situation devrait continuer à se dégrader si le conflit continue et s’il n’y a pas d’assistance extérieure. Il faut que la communauté internationale trouve des moyens d’aider la population sud-soudanaise à créer un environnement éliminant les moteurs du conflit et permettant le développement du pays, a-t-elle conclu.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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18/10/2017
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