La nouvelles résolution du Conseil de sécurité sur la sécurité des journalistes dans les zones de conflit est “un pas dans la bonne direction” , selon RSF

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Christophe Deloire (Photo: ONU)

Le Conseil de sécurité des Nations Unies a voté mercredi une résolution pour la protection des journalistes dans les situations de conflit, condamnant toutes les formes de violations et d’abus commis contre les journalistes, les professionnels des médias et le personnel associé en période de conflit armé.

Dans cette résolution, le Conseil condamne fermement la persistance de l’impunité des auteurs de violations et de sévices commis à l’encontre de journalistes en période de conflit armé, précisant que cette « impunité peut contribuer à la répétition de ces crimes ».

Les quinze affirment que les activités d’un organe d’information libre et indépendant constituent l’un des « fondements essentiels d’une société démocratique et, de ce fait, peuvent contribuer à la protection des civils ».

Ils exhortent par conséquent les Etats membres à prendre les mesures voulues pour traduire en justice les auteurs de crimes commis contre des journalistes sur le territoire relevant de leur juridiction et demandent la « libération immédiate et sans condition » des professionnels des médias enlevés ou pris en otage durant un conflit armé.

Ils demandent également instamment à toutes les parties concernées, en période de conflit armé, de respecter l’indépendance professionnelle et les droits des journalistes, des professionnels des médias et du personnel associé qui, rappelle le Conseil, sont également des civils.

Les membres du Conseil prient par ailleurs le Secrétaire général de l’Organisation, Ban Ki-moon, de consacrer systématiquement une section dédiée à la question de la sureté et de la sécurité des journalistes dans ses rapports sur la protection des civils en période de conflit armé.

Lors du débat, plusieurs journalistes et professionnels des médias ont pris la parole afin d’apporter leur perspective sur la question de la protection des journalistes dans les situations de conflit.

Parmi eux, Christophe Deloire, Secrétaire général de l’organisation internationale de défense de la liberté de la presse Reporters sans frontières, qui a notamment sollicité la création de la fonction de Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies sur la protection des journalistes.

Selon lui cette fonction permettrait de mettre en place une structure pérenne capable de centraliser la prise en charge de cette question, notamment pour recueillir et diffuser des informations concernant les atteintes à la sécurité des journalistes, prévenir de tels actes et entreprendre des enquêtes dans les cas où les Etats concernés ne l’auraient pas fait.

A ce titre, le représentant de Reporters sans frontières a rappelé que 90% des crimes contre les journalistes restent aujourd’hui impunis.

« Un tel taux d’impunité est comme un encouragement pour ceux qui veulent faire taire les journalistes en les noyant dans leur sang », a-t-il déploré.

A l'issue de la réunion du Conseil la Radio des Nations Unies lui a tendu le micro, l'occasion pour Christophe Deloire de revenir sur l'importance de cette nouvelle résolution.

 

(Interview: Christophe Deloire, Secrétaire général de Reporters sans frontières; propos recueillis par Cristina Silveiro)

 

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15/12/2017
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