Désarmement : le Conseil de sécurité inquiet des effets dramatiques de la prolifération des petites armes

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Le Conseil de sécurité a débattu ce mercredi, à New York, du coût humain du transfert illicite, de l'accumulation déstabilisatrice et du détournement d'armes légères et de petit calibre. Présentant son rapport, le Secrétaire général, Ban Ki-moon a rappelé qu'au cours de la décennie écoulée, plus de 250 conflits ont affecté le monde. Et même si chaque conflit est différent, l'importance des armes de petit calibre et des minutions est commue à tous. Plus de 50 000 hommes, femmes et enfants sont tués chaque année comme conséquence directe. Le nombre de personnes déplacées a atteint des niveaux qui n'avaient pas été observés depuis la Seconde Guerre mondiale. Et ce sont hélas les civils y compris les enfants qui sont le plus touchés.

Ban Ki-moon a déploré les vols d'armes y compris dans les arsenaux nationaux qui alimentent les conflits, permettant à des rebelles, des organisations criminelles, des pirates, des groupes terroristes et des insurgés de renforcer leur capacité de nuisance.

Aussi, le Secrétaire général a souligné les deux éléments clés contenus dans son rapport pour relever à l'échelle mondiale l'énorme défi. D'abord, il faut s'assurer que l'usage et le stockage des armes et de munitions par les forces de sécurité nationales sont conformes aux engagements contractés en vertu des traités et instruments internationaux. Ensuite, il faut adopter de nouvelles mesures pour lutter contre la prolifération des armes illicites. Pour ce faire, les États doivent faire respecter les embargos sur les armes et renforcer les mandats des missions des Nations Unies concernant l'identification, le décompte, le traçage et la gestion du stockage des armes et des munitions. Il faut également accélérer les échanges d'informations sur le trafic d'armes.

Outre l'intervention du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, le Conseil a entendu la déclaration de Karamoko Diakité, Président de la section de Côte d'Ivoire du Réseau ouest–africain sur les petites armes.

Ce dernier s'exprimant également a déclaré s'exprimer au nom des millions d’innocentes victimes des transferts illicites, de I'accumulation et de I'utilisation abusive des armes légères à travers le monde et plus spécialement en Afrique. Il a indiqué que son pays, la Côte d’lvoire et ses habitants en ont particulièrement souffert durant la décénnie écoulée, et en particulier, lors du conflit armé post-électoral de 2010-2011, qui a vu une forte distribution anarchique d’armes et munitions par certains leaders politiques et chefs de quartiers, malgré I’embargo sur les armes décrété par les Nations Unies.

Karamoko Diakité a également déploré l'invasion de la région, à la même période, par les armes issues des arsenaux abandonnés après la chute du Colonel Khaddafi. Il a regretté qu'à l’heure actuelle ces armes continuent d’inonder l'Afrique de l'Ouest et d’alimenter les mouvements terroristes au Mali, au Niger, au Nigeria, au Tchad et au Cameroun. De ce fait les institutions démocratiques sont fortement déstabilisées et le crime organisé ne cesse de se répendre.

Karamoko Diakité a donc jugé urgent, pour éviter à toute la région de sombrer dans des conflits sans issue ou d'être en proie à d’horribles crimes, que la communauté internationale se mobilise pour contrer ce problème et agisse rapidement pour mettre un frein à la prolifération de ces armes en Afrique.

(Extrait sonore : Karamoko Diakité, Président de la section de Côte d'Ivoire du Réseau ouest–africain sur les petites armes)

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17/10/2017
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