Comité des droits de l’enfant : la conscription militaire des jeunes érythréens passée au crible

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Une vue d'une salle de réunion du Palais Wilson à Genève où se réunit le Comité des droits de l’enfant (photo : UN).

Le Comité des droits de l’enfant a examiné, hier après-midi et ce mercredi matin, le rapport périodique présenté par l’Érythrée sur les mesures qu’elle a prises pour mettre en œuvre la Convention relative aux droits de l’enfant. Et lors des débats, la délégation érythréenne a été interpellée sur la situation de la jeunesse et de l'exil de nombreux hommes pour fuir en particulier un service militaire « apparemment illimité ».

 

Devant le Comité des droits de l’enfant, l'Erythrée a reconnu l'obligation nationale de la conscription militaire.  S'il ne s’agit pas de l’imposer indéfiniment, l’objectif est d’abord de permettre aux jeunes dès l’âge de 17-18 ans de bénéficier d’une formation civique avant le service militaire proprement dit.  Mais Asmara envisage à terme de limiter la durée du service national sans donner plus d'indications.

En réponse à d’autres questions sur le service militaire et la fuite des adolescents du pays, la délégation érythréenne a rappelé que ce service sous les drapeaux n'excède pas 18 mois et un mois pour les camps préparatoires. Concernant l'exil de nombreux adolescents, l'Erythrée parle de tragédie en raison du sort funeste qui les attend lors de la traversée de la Méditerranée.  Dans ces conditions, l’Érythrée en appelle au reste du monde pour l’aider à juguler ce fléau.

Lors des débats, des experts du Comité des droits de l'enfant ont plaidé pour l'amendement des obligations militaires de la jeunesse. Cela éviterait aux garçons érythréens de fuir le pays et les filles se marier au plus vite pour échapper aux «sawa», ces fameux camps d’entraînement militarisés qui précédent le service militaire obligatoire en Erythrée.

Alpha Diallo, Genève pour la Radio des Nations Unies

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20/10/2017
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