Centrafique : l'ONU réclame des enquêtes plus approfondies sur des violations des droits de l'homme par des forces internationales

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Haut-Commissaire aux Droits de l’homme Zeid Ra’ad Al Hussain Photo ONU

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, a déclaré samedi avoir exhorté plusieurs États à intensifier leurs efforts pour enquêter sur des allégations de longue date, selon lesquelles des soldats de leurs forces, déployés pour maintenir la paix en République centrafricaine, pourraient avoir commis des violations très graves, y compris des meurtres de civils, des exécutions sommaires, des enlèvements et des cas d'exploitation sexuelle de femmes locales.

« Suite aux révélations concernant des allégations d'abus sexuels très graves sur des enfants, allégations qui font actuellement l'objet d'une enquête des autorités françaises, mon bureau a revu de manière plus approfondie ces questions et l'ampleur du suivi sur les violations graves qui auraient été commises par des soldats appartenant à plusieurs autres contingents internationaux opérant sous l'égide de la MISCA en 2014 », a indiqué le Haut-Commissaire.

Plusieurs incidents, y compris ceux impliquant un usage excessif de la force, des disparitions forcées et des cas d'exploitation sexuelle et de violence, ont rapidement fait l'objet d'une enquête sur le terrain par des spécialistes des droits de l'homme des Nations Unies, et par la Commission d'enquête internationale sur la République centrafricaine, qui a fait un rapport sur une série de violations par les forces internationales en décembre 2014. La disparition d'au moins 11 personnes à Boali, une petite ville située à 80 km au nord de Bangui, en fait partie. Une mise à jour concernant cet incident est en cours de préparation, suite à l'envoi fin mars 2015 d'une deuxième mission d'enquête à Boali; elle sera publiée par le Haut-Commissariat la semaine prochaine.

Les forces impliquées dans ces incidents n'opéraient pas sous le drapeau onusien. Toutefois, des soldats étrangers, y compris des forces de maintien de la paix des Nations Unies, ont, à d'autres occasions, été impliquées dans des crimes, y compris des cas d'exploitation sexuelle et d'abus.

Le Haut-Commissaire a noté que les enquêtes sur les incidents rapportés par le personnel de l'ONU en charge des droits de l'homme en 2014 avaient abouti à certaines actions préliminaires par des États, y compris à des sanctions et au rapatriement anticipé de plusieurs hauts gradés de la MISCA.

« Mais cela ne suffit pas », a déclaré Zeid Ra'ad Al Hussein. « Le châtiment doit être à la mesure du crime et certains autres incidents qui ont été rapportés ont pu ne pas être pleinement suivis par les Etats concernés. Nous devons faire toute la lumière sur ce qui a précisément été fait, par qui et quand. Il faut que justice soit faite pour les crimes graves. Et une pression sans relâche doit être exercée sur les personnes en position d'assurer que justice est faite, c'est-à-dire les Etats qui fournissent des troupes et les commandent. »

 

(Mise en perspective Tsigué Shiferaw)

 

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23/10/2017
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