Burundi : plus de 50.000 réfugiés dans les pays voisins

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Des réfugiés burundais dans le camp de Mahama au Rwanda. © UNHCR/K.Holt

L'afflux de réfugiés burundais se poursuit et ils sont désormais plus de 50.000 à avoir fui dans les pays voisins depuis le début des troubles pré-électoraux. Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), ces milliers de civils ont vers le Rwanda, la Tanzanie et la République démocratique du Congo (RDC).  Si les tendances de ces mouvements de population se poursuivent à ce rythme, le Programme alimentaire mondial (PAM) redoute que cette situation conduise  à « une crise humanitaire grave ».

Dans une interview accordée à la Radio des Nations Unies, la porte-parole de l'agence basée à Rome a exprimé sa vive préoccupation et déclare que le Programme se dit prêt à venir en aide entre 50.000 et 100.000 réfugiés pour les trois prochains mois si la crise persiste au Burundi.

Le PAM rappelle d'ailleurs que ces Burundais qui se sont réfugiés au Rwanda viennent en majorité de régions, comme celle du Kirundo (au nord du pays) où il y a des taux de malnutrition chronique très élevés. A cet égard, il note qu'un quart des enfants vivant dans les camps de transit au Rwanda sont malnutris. Par exemple, le taux de malnutrition dans le camp de Bugesera est d'environ 17% sur les 12.000 personnes vivant sur ce site au Rwanda.

Il faut juste signaler que plus de 25.000 Burundais ont fui au Rwanda, quelque 17.700 en Tanzanie et 8.000 dans la province du Sud-Kivu en RDC. Et au cours de la dernière semaine, le HCR a constaté une forte augmentation des personnes demandant l’asile en Tanzanie — 17.696 — après la levée de restrictions d’entrée.

La majorité des réfugiés burundais sont des femmes et des enfants, ces derniers voyageant souvent seuls. Selon le HCR, de nombreux barrages routiers ont été mis en place au Burundi, rendant plus difficile la fuite des réfugiés. Les réfugiés arrivant au Rwanda disent avoir été intimidés par les jeunes militants Imbonerakure, qui peignent des « marques rouges sur les habitations des personnes à cibler », selon le HCR.

(Extrait sonore : Elisabeth Byrs, porte-parole du PAM à Genève ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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20/10/2017
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