Asie du Sud-Est : l’ONU dénonce les renvois en mer de bateaux de migrants

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Des bateaux de pêche comme ceux-ci au Bangladesh servent à transporter des passagers vers de plus grands navires qui naviguent ensuite vers la Thaïlande et la Malaisie. Photo HCR/S. Alam

Alors qu’environ 6.000 migrants rohingyas et bangladais seraient bloqués en mer dans l’Asie du Sud-Est, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, a exhorté vendredi les gouvernements de la région à agir rapidement pour protéger leurs vies.

Zeid Ra’ad Al Hussein s'est dit consterné par les rapports indiquant que la Thaïlande, l’Indonésie et la Malaisie ont déjà renvoyé des bateaux remplis de migrants vulnérables vers la mer, et a averti que ces actions aboutiront forcément à de nombreuses morts qui auraient pu être évitées.

Les informations selon lesquelles un autre bateau, avec à son bord des centaines de personnes se trouvant dans des conditions abjectes, aurait reçu des vivres avant d’être renvoyé en mer par la marine thaïlandaise jeudi sont « incompréhensibles et inhumaines », a-t-il ajouté.

Zeid Ra’ad Al Hussein a aussi déclaré être alarmé par des rapports selon lesquels des pays de la région menacent de criminaliser les migrants et demandeurs d’asile vulnérables qui ont traversé les frontières de manière irrégulière.

Le Haut-Commissaire a appelé les gouvernements de l’Asie du Sud-Est à répondre à cette crise en partant du principe que les migrants, indépendamment de leur statut légal, de la manière dont ils arrivent aux frontières ou d’où ils viennent, sont des personnes qui ont des droits qui doivent être respectés. Criminaliser des personnes vulnérables comme celles-ci, dont des enfants, et les placer en détention n’est pas la solution », a-t-il souligné

Zeid Ra’ad Al Hussein a aussi insisté sur la nécessité d’agir davantage contre les trafiquants et passeurs abusifs qui retiendraient entassés des milliers de migrants en mer dans des conditions horribles, avec un accès limité à une nourriture adéquate ou à de l’eau, les abandonnant en mer dans certains cas.

Selon les estimations, en 2014, quelques 53.000 personnes ont quitté le Myanmar et le Bangladesh. Environ 920 migrants ont péri dans le golfe du Bengale entre septembre 2014 et mars 2015. Il s’agit principalement de Rohingyas originaires de l’Etat de Rakhine, au Myanmar, qui fuient les persécutions, auxquels s’est ajouté, l'an passé, un nombre croissant de migrants bangladais pauvres.

Selon Zeid Ra’ad Al Hussein, tant que le gouvernement du Myanmar ne réglera pas la question de la discrimination institutionnelle contre la population rohingya, y compris l’accès égal à la citoyenneté, cette migration précaire continuera.

(Mise en perspective : Isabelle Dupuis)

 

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17/10/2017
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