Yémen : le Haut-Commissaire Zeid réclame des enquêtes sur les pertes civiles

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Le Chef des droits de l'homme de l'ONU, Zeid Ra 'ad Al Hussein.

Au Yémen, la situation reste toujours intenable avec l'aggravation de la crise humanitaire et la souffrance que vivent quotidiennement les civils. Selon le Haut-Commissariat aux droits de l'homme de l'ONU, au moins 364 civils ont perdu la vie depuis le 26 mars. En plus de centaines de combattants, parmi les 364 civils recensés, au moins 84 étaient des enfants et 25 des femmes. Quelque 681 civils, peut-être davantage, ont également été blessés. Dans ces conditions, le Chef des droits de l'homme de l'ONU, Zeid Ra 'ad Al Hussein, a exigé de toutes les parties au conflit au Yémen qu’elles enquêtent sur les attaques faisant des victimes civiles.

 

« Toutes les heures,  nous recevons et documentons des rapports profondément dérangeants et navrants sur l'impact de ce conflit sur les vies et les infrastructures civiles », a averti le Haut-Commissaire. Au cours des derniers jours, plusieurs frappes aériennes par des forces de la coalition ont frappé des zones résidentielles et des maisons de civils à Amran, Taïz, Ibb, Aljawf et Sa'da. Samedi, une frappe aérienne, qui aurait visé une base militaire voisine située à Taïz, a frappé une zone résidentielle localisée à 500 mètres environ, tuant dix civils et en blessant sept autres. Toutes ces attaques doivent faire l'objet d'une enquête approfondie et transparente par les forces de la coalition.

A moins 52 bâtiments publics ont été partiellement ou entièrement détruits, par les frappes aériennes, les bombardements et d'autres formes de tirs. Huit hôpitaux ont été touchés à Sanaa, Sa'da, Dhale et Aden ainsi que 17 écoles et établissements scolaires à Aden, Dhale, Hajjah, Ibb et Sanaa.

« Les hôpitaux et les ambulances doivent être protégés contre les attaques et doivent pouvoir fonctionner en tout temps. Des attaques intentionnelles contre des hôpitaux ou des ambulances utilisés à des seules fins médicales constitueraient un crime de guerre », a déclaré Zeid Ra 'ad Al Hussein. Le Haut-Commissaire a aussi prévenu que le fait de viser directement des civils ne prenant pas directement part aux combats constituerait aussi un crime de guerre. Il a notamment fait référence à des rapports sur le meurtre de civils par des tireurs embusqués situés sur des toits à Dhale.

Par ailleurs, des rapports inquiétants sur des arrestations arbitraires, des tirs indiscriminés sur des manifestants et des attaques contre des locaux d'organes de presse par des forces affiliées aux Houtis ont aussi été reçus.

En conclusion, le Haut-Commissaire Zeid a exhorté toutes les parties à négocier une fin rapide à l'effusion de sang et aux destructions au Yémen.

(Extrait sonore : Cécile Pouilly, porte-parole du Haut-Commissariat aux droits de l'homme de l'ONU ; propos recueillis par Alpha Diallo)

 

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12/12/2017
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