ONU/ RCA : « progrès sensibles » qu'il faut continuer d'appuyer selon le chef de la MINUSCA

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Général Babacar Gaye, Représentant spécial du Secrétaire général et Chef de la MINUSCA (Photo: ONU/Eskinder Debebe)

Des progrès « sensibles » ont été enregistrés dans la protection des populations qui continuent malgré tout à souffrir de violences a déclaré ce matin devant le Conseil de sécurité le Représentant spécial du Secrétaire général en République centrafricaine (RCA), le général Babacar Gaye, lors de sa presentations du dernier rapport* du Secrétaire général sur la situation dans ce pays.

Selon lui ces violences résultent principalement, des tensions intercommunautaires liées à la transhumance, des Anti-balakas et des Ex-Selekas qui cherchent à se substituer à l'Etat, mais aussi aux tensions communautaires. Ainsi les enclaves de populations à risque, en particulier les communautés musulmanes, sont toujours menacées malgré les efforts déployés par les acteurs humanitaires et les forces internationales.

Ces violences ont entraines le déplacement de quelques 50.000 centrafricains depuis janvier 2015 et l'accès humanitaire a souffert de la fragmentation des groupes armés, a précisé le général, affirmant que la situation humanitaire reste grave dans le pays.

Selon le chef de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA), le processus de transition en République centrafricaine, qui s'achèvera avec la tenue d'élections crédibles, franchira une étape décisive au cours du dialogue national inclusif qui sera mené lors du Forum de Bangui.

Ce Forum, auquel a pu participer l'ensemble de la population par le biais des consultations locales menees au cours du mois de mars, a été créé pour favoriser la réconciliation entre acteurs politiques et groupes armés, en vue de mettre fin à la violence et de rétablir la stabilité en RCA.

« La République centrafricaine rentre dans une phase essentielle de son retour vers la sécurité et la stabilité », a ensuite estimé le général Gaye avant de saluer « l'intérêt attentif » manifesté par le Conseil de sécurité, qui a effectué une récente visite sur le terrain et qui a décidé d'augmenter et de renforcer le nombre de militaires, de policiers et d'agents pénitenciers de la Mission.

« L'intérêt et le soutien continu des partenaires internationaux et régionaux demeurent plus indispensables que jamais », a-t-il prévenu. Cet intérêt et ce soutien contribuent non seulement au déroulement normal de la transition, mais aussi à la poursuite des opérations humanitaires avec des ressources adéquates.

Le général Gaye a conclu son exposé en lançant un appel aux partenaires internationaux afin qu'ils répondent aux besoins humanitaires centrafricains, qui ne sont couverts qu'à hauteur de 13%. Il a insisté sur la « responsabilité collective » de la communauté internationale qui a l'obligation morale d'aider la République centrafricaine à rester sur la voie de la paix et de la réconciliation.

A l’issue de consultations avec le Conseil, le chef de la MINSUCA a accordé un entretien a la Radio des Nations Unies dans laquelle il revient notamment sur les progrès effectués dans le pays, le Forum de Bangui, et les incidents récents a Kanga-Bandoro.

(Interview:  Gén. Babacar Gaye, Représentant spécial des Nations Unies pour la République Centrafricaine; propos recueillis par Cristina Silveiro)

 

Extrait sonore de Babacar Gaye devant le Conseil de sécurité Écouter /
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20/10/2017
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