Incitation à la haine : le Haut-Commissaire Zeid dénonce un tabloïd anglais traitant les migrants de cafards

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Le Haut-Commissaire Zeid Ra’ad Al Hussein (photo: ONU/J.M: Ferré)

Un éditorial du journal britannique «The Sun» a soulevé une vague de protestations et d'indignation à l’ONU. Un journaliste du tabloïd londonien avait notamment comparé le 17 avril dernier les migrants à des cafards. Face à un tel déchaînement de haine et de violence verbale, le Haut-Commissariat aux droits de l’Homme a exhorté le Royaume-Uni de tout faire pour «juguler l’incitation à la haine par les tabloïds britanniques».

Lundi dernier déjà, une ONG britannique, the Society of Black Lawyers, a dénoncé le «Sun» à la police britannique. Elle a demandé une enquête pour déterminer si l’article incriminé pourrait constituer une incitation à la haine raciale, au regard de la loi sur l’ordre public de 1986. Le Haut-Commissaire Zeid Ra’ad Al Hussein a exhorté les autorités britanniques à prendre cette plainte très au sérieux. Elles doivent examiner attentivement la question plus large de l’incitation à la haine par les tabloïds et par d’autres secteurs de la société.

Un article d’un éditorialiste du «Sun» daté du 17 avril débute par ces mots: «Montrez-moi des images de cercueils, montrez-moi des corps flottants dans l’eau, faites jouer les violons et montrez-moi des gens maigres qui semblent tristes. Je n’en ai toujours rien à faire», selon le communiqué publié par l’ONU. L’article décrit plus loin les migrants comme une «invasion de sauvages», les compare à un «novovirus» et déclare que les villes britanniques sont «rongées par le mal, infestées par des essaims de migrants et de demandeurs d’asile, engloutissant les allocations comme l’argent du Monopoly».

Dans un langage très similaire à celui employé par le journal Kangura et la Radio des Mille Collines au Rwanda au cours de la période précédant le génocide de 1994, l'éditorialiste du Sun déclare: « Ne vous trompez pas. Ces migrants sont comme des cafards. » Des responsables de ces deux médias rwandais ont ultérieurement été condamnés par un tribunal international pour incitation publique à commettre un génocide.

Par ailleurs, le Chef des droits de l'homme de l'ONU a demandé à tous les pays européens d’adopter «une ligne plus ferme sur le racisme et la xénophobie» qui selon lui «sont autorisés, sous le couvert de la liberté d’expression, à alimenter un cercle vicieux de diffamation, d’intolérance et de politisation des migrants et des minorités européennes marginalisées tels que les Roms».

(Interview : Cécile Pouilly, porte-parole du Haut-Commissariat aux droits de l’Homme de l'ONU ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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12/12/2017
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