Edition spéciale – Arrêter le trafic des êtres humains

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Celhia de la Lavarenne, Journaliste et fondatrice de l’ONG STOP (Stop Trafficking of People), dans le but d’aider ces victimes. Photo:Abaca

Célhia de Lavarène, est une journaliste de formation et travailleuse humanitaire par conviction. Pendant près de deux décennies, elle a couvert l'actualité des Nations Unies en tant que correspondante pour Jeune Afrique, et RFI (Radio France Internationale). Elle a effectué sept missions de l’ONU dans des endroits aussi divers que le Cambodge, l’Afrique du Sud, la Slavonie orientale, le Timor oriental, la Bosnie-Herzégovine et le Libéria.

En 2001, le chef de la Mission de maintien de la paix de l’ONU en Bosnie, Jacques Paul Klein, a embauché Célhia pour lutter contre la traite des esclaves de sexe, qui sévissait alors, et sévit encore aujourd’hui dans la région des Balkans. Célhia a créé le Programme spécial des opérations de trafic, S.T.O.P. selon son acronyme anglais et a établi une unité de 250 policiers locaux et internationaux, qu’elle a dirigée pendant près de deux ans, jusqu’à ce que la mission de l’ONU prenne fin. Plus de 3 000 victimes ont pu être identifiés, pour la plupart d’Europe orientale, et près de 300 d'entre elles ont pu être sauvées. Le même type d'opération a aussi été mené au Libéria, toujours sous la houlette de Jacques Klein.
Ses expériences en Bosnie et au Libéria ont conduit Célhia a prendre conscience que la traite sexuelle à travers les frontières est un problème mondial, et que le sauvetage des victimes n'est pas suffisant; que les autorités locales traitent souvent un grand nombre de personnes secourues, comme des criminels ou des freins aux droit à l'immigration.

D'où la nécessité de mettre sur pied des réseaux de soutien efficaces pour éviter aux victimes toutes représailles et violence par les organisations criminelles qui les ont capturées en premier. Après la cessation de l’opération libérienne, Célhia a écrit un livre ''Visa pour l'enfer''. Avec deux des policiers internationaux supérieur, elle aussi décidé de s'appuyer sur cette expérience en lançant Stop Trafficking of People (S.T.O.P.). L'organisation ambitionne de s'attaquer en profondeur à la question.

(Interview : Célhia de Lavarène, journaliste, travailleuse humanitaire, présidente fondatrice de S.T.O.P.; propos recueillis par Florence Westergard)

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12/12/2017
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