Côte d'Ivoire/Ghana : l'OIM et INTERPOL luttent contre la traite des enfants dans le secteur du cacao

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Membres d'une coopérative de producteurs de cacao à Sikensi, au nord-ouest d'Abidjan (Photo d'archives : IRIN/O. Monnier)

L'OIM et INTERPOL s'allient contre la traite des enfants dans l'agriculture du cacao en Côte d'Ivoire et au Ghana. Les deux organisations ont lancé à la mi-avril un projet de six mois intitulé « Combattre la traite des enfants dans les industries du cacao », qui vise à renforcer la capacité nationale à secourir et à aider les enfants victimes de traite. D'après l'Organisation internationale du cacao, en 2012-2013, environ 60% de la production de cacao du monde entier provenait de Côte-d'Ivoire et du Ghana.

Ce nouveau projet est une continuité de la coopération amorcée entre les deux organisations. En effet, en mars 2014, INTERPOL et l'OIM avaient signé un Mémorandum d'accord visant à renforcer la coopération et la collaboration en matière de lutte contre la criminalité transnationale, notamment pour l'éradication de la traite des personnes. Un an plus tard, ils lancent leur premier projet pilote conjoint visant à lutter contre la traite des personnes dans l'industrie du cacao au Ghana et en Côte-d'Ivoire.

Le projet pilote de six mois vise d'abord à évaluer l'ampleur du problème de traite dans la région et à identifier les principaux besoins afin d'y remédier de manière globale. Il vise également à renforcer la capacité des acteurs concernés à identifier les victimes et à leur fournir une aide directe. Dans ce combat, le projet regroupe l'expérience complémentaire des deux organisations. Il s'agit de « l'expérience de l'OIM dans les domaines de la protection, de l'aide et de la réintégration des victimes, ainsi que de la prévention des facteurs attraction-répulsion, et celles d'INTERPOL en matière de techniques d'enquête spécialisées, notamment de poursuites des trafiquants qui mènent à l'éradication de ce crime. »

L'OIM rappelle que ces dernières années, les gouvernements ivoirien et ghanéen ont pris des mesures pour lutter contre la traite des enfants dans le secteur, notamment en ratifiant des conventions et des traités internationaux, et en renforçant la capacité des responsables de l'application des lois et du pouvoir judiciaire. Le Ghana a ainsi adopté une Loi contre la traite des personnes en 2005 et la Côte d'Ivoire travaille actuellement sur la formulation de sa propre législation nationale contre la traite.

L'OIM ne donne aucun bilan chiffré sur le nombre d'enfants enrôlés ou par la suite libérés dans l'agriculture du cacao. L'agence basée à Genève rappelle juste qu'elle fournira une protection et une aide immédiate au relèvement et à la réintégration à environ 80 enfants victimes de traite dans l'industrie du cacao. Elle a en outre fourni une aide directe à environ 76.000 hommes, femmes et enfants victimes de traite dans le monde entier. Depuis 2011, elle vient en aide à quelque 6.500 personnes chaque année.

(Extrait sonore : Michele Bombassei, Spécialiste de l'aide aux migrants pour l'OIM en Afrique de l'Ouest ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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14/12/2017
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