Côte d'Ivoire : le Comité des droits de l'homme rouvre les plaies du passé

Écouter /

Des rapatriés ivoiriens traversant le fleuve Cavalla sur une barge affrétée par le HCR. Beaucoup d'Ivoiriens se sont réfugiés au Libéria à la suite de la crise post-électorale de 2010. © HCR/Libéria

Le Comité des droits de l'homme de l'ONU accueille avec satisfaction l'abolition de la peine de mort dans le Code pénal de la Côte d'Ivoire et la ratification de certaines conventions internationale. Mais l'organe onusien de l'absence de transparence dans la sélection des victimes lors des travaux de la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation. Le Comité s'est également préoccupé par le fait que les nombreux cas d'exécutions extrajudiciaires et de disparitions forcées qui ont eu lieu durant la période allant de 2000 à 2011, y compris lors de période postélectorale de 2010-2011, n'aient pas été toutes suivies de poursuites.

 

A Genève, le Comité des droits de l'homme de l'ONU a rouvert les plaies du passé de la Côte d'Ivoire. Dans ses observations finales concernant le rapport initial de ce pays, l'organe onusien a dénoncé aujourd'hui ces informations faisant état de la persistance d'exécutions extrajudiciaires et de disparitions forcées par les forces de sécurité ou d'autres milices et groupes non désarmés. Il s'est également inquiété par l'absence de statistiques mesurant les violences sexuelles commises par les Forces républicaines et d'autres hommes armés dans les écoles de Bouaké ou dans l'Ouest de la Côte d'Ivoire.

A cet égard, le Comité demande à Abidjan de poursuivre les auteurs de tels actes indépendamment de leur affiliation politique. Il demande aussi d'accélérer les enquêtes sur le charnier de Yopougon et l'attaque de Nahily près de Duékoué.

Par ailleurs, le Comité s'est inquiété du manque de transparence des travaux de la Commission Dialogue et Réconciliation et demande à Abidjan de rendre public leur rapport.

Fabian Salvioli, Président du Comité des droits de l’homme :

« C'est très important pour la vérité de rendre public les rapports et que la population peut avoir. C'est très important aussi pour donner aux familles des victimes, aux victimes la réparation qui leur est due pour les violations des droits de l'homme ».

Au chapitre des bonnes nouvelles, le Comité accueille avec satisfaction l'abolition cette année de la peine de mort et la ratification de certains instruments internationaux

(Mise en perspective d'Alpha Diallo à Genève ; avec un extrait sonore de Fabian Salvioli, Président du Comité des droits de l’homme de l'ONU)

LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
23/10/2017
Loading the player ...