UNESCO : Il faudra attendre 2084 pour l'éducation primaire universelle pour toutes les filles, déplore Irina Bokova

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L’accès des filles à l’éducation primaire est essentielle (Photo : UNESCO)

 

La Directrice générale de l'UNESCO, Irina Bokova a participé vendredi après-midi, à New York, à l'un des événements marquant la Journée internationale de la femme. Au cours d'un débat de haut niveau de l'Assemblée générale, Irina Bokova a rappelé qu'il y a toujours 31 millions de jeunes filles en âge de fréquenter l'école primaire, qui sont privées d'école. Et la moitié de ces filles n'y entreront sans doute jamais. De plus, les femmes représentent aujourd'hui deux tiers des adultes analphabètes dans le monde.

Au rythme actuel, il faudra attendre 2084, pour que l'éducation primaire universelle soit une réalité pour toutes les filles. Or, a fait remarquer la Directrice générale de l'UNESCO, c'est dans l'éducation des filles que réside les plus grandes opportunités de progrès en matière de santé, de réduction de la mortalité natale et infantile, mais aussi de développement durable.

Irina Bokova a proposé quatre actions. D'abord, il faut cibler les populations les plus vulnérables, les adolescentes. Il faut ensuite mieux coordonner les politiques d'éducation, de santé et d'emploi. De plus, il faut porter l'éducation au-delà des murs de l'école, notamment dans les centres d'apprentissage, car la formation professionnelle et technique pour les femmes est primordiale. Enfin, il importe de s'appuyer sur les accélérateurs de l'apprentissage, en mettant l'accent sur l'accès aux nouvelles technologies.

Le 4 mars dernier, au Siège de l'UNESCO, à Paris, un débat d'une conférence de haut niveau sur le thème : « Repenser l’autonomisation des femmes et l’égalité des genres en 2015 et au-delà » avait déjà permis de souligner l'importance de l'éducation des filles et des femmes et la reconnaissance de l'importance de l'autonomisation des femmes pour le développement durable.

Au cours de son discours d'inauguration, la Directrice générale de l'UNESCO, Irina Bokova, avait rappelé la vision qui s'était dégagée à Beijing, où chaque fille et chaque femme pouvait vivre librement et faire ses propres choix, vivre sans crainte de violences, aller à l'école, participer aux prises de décisions, exprimer sa volonté et recevoir un salaire égal pour un travail égal. « Vingt ans plus tard, cette vision reste une source d'inspiration, » a-t-elle déclaré, décrivant les progrès réalisés comme « timides.»

« Nous devons, de nouveau, voir les choses en grand aujourd'hui, » avait annoncé Mme Bokova. « Si nous ne témoignons pas de plus d'audace et d'innovation, l'ambitieux agenda de développement actuellement en préparation ne sera pas réalisable. » Pour la Directrice générale, l'éducation est l'une des clés du changement, et c'est la raison pour laquelle l'UNESCO a fait de l'éducation des filles et des femmes une priorité absolue.

(Extrait sonore : Irina Bokova, Directrice générale de l'UNESCO)

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12/12/2017
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