Syrie: la commission d’enquête de l’ONU va partager avec des Etats des noms d’auteurs présumés de crimes de guerre

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Paulo Pinheiro, Président de la Commission d’enquête indépendante de l’ONU sur la Syrie. UN photo

La commission d’enquête internationale indépendante sur la Syrie va transmettre des noms d’auteurs présumés de crimes de guerre de manière « ciblée » à la justice des Etats qui le souhaitent. Ces pays recevront des informations » et des « noms relatifs à des auteurs de crimes de guerre afin qu’ils soient jugés. Les listes élaborées par les enquêteurs et gardées dans un coffre-fort de Genève comprennent des noms de commandants d’unités et de leaders de groupes armés, qui ont été identifiés comme étant responsables de crimes de guerre. Cette décision intervient alors que cela fait maintenant 1400 jours depuis que les troubles ont éclaté en Syrie avec son lot injustifiable d'exactions.

 

Les femmes, les enfants, les vieillards sont considérés comme des cibles légitimes par les forces gouvernementales, les rebelles et les groupes terroristes.  Devant le Conseil des droits de l'homme, le Président de la Commission d'enquête sur la Syrie a également décrit l’extrême brutalité des conditions de détention dans les prisons gouvernementales, mais aussi l'impact des barils d’explosifs de Damas, sans oublier le nombre alarmant de violences sexuelles commises par les Islamistes de Daech. Selon Paulo Sergio Pinheiro, une culture de l’impunité s’est développée en Syrie. Les auteurs d'exactions ne craignant sûrement pas de devoir rendre compte de leurs actes.

Dans ces conditions, la Commission d'enquête entend désormais « partager » avec la justice de certains Etats, des informations » et des « noms relatifs à des auteurs de crimes de guerre afin qu’ils soient jugés.

L'équipe de Sergio Pinheiro qui a décidé de ne pas rendre publique aujourd’hui la liste des noms, encourage ces autorités à les contacter avec des demandes d’informations. Selon la Commission d'enquête, le Conseil des droits de l’homme doit exiger de la communauté internationale qu’elle mette un terme à la violence et de traduire en justice les auteurs de graves violations de droits humains.

De son côté, la Syrie a rejeté le contenu du rapport dans son ensemble.

(Mise en perspective d'Alpha Diallo à Genève, pour la Radio des Nations Unies)

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17/10/2017
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