RDC : le Conseil de sécurité proroge d'un an le mandat de la MONUSCO tout en réduisant ses effectifs

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Vue de haut du Conseil de sécurité des Nations Unies lors d'une réunion. Photo: ONU/Loey Felipe

Par la résolution 2211 (2015) adoptée à l'unanimité, le Conseil de sécurité a, ce matin, prorogé jusqu'au 31 mars 2016 le mandat de la Mission de l'Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) et de sa Brigade d'intervention. Le Conseil a en même temps approuvé la recommandation du Secrétaire général tendant à réduire les effectifs de la force de la MONUSCO de 2 000 soldats, tout en maintenant un effectif maximum autorisé de 19 815 militaires, 760 observateurs militaires et officiers d'état-major, 391 policiers et 1 050 membres d'unités de police constituées.

Le Conseil de sécurité a fait part de son intention de rendre cette réduction d'effectifs « permanente » en révisant le plafond des effectifs, compte tenu du rapport du Secrétaire général sur l'examen stratégique approfondi de la MONUSCO, une fois que des progrès considérables auront été enregistrés par rapport aux priorités du mandat de la Mission, notamment en matière de lutte contre les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR).

Le texte adopté précise également que la prorogation de mandat intervient « à titre exceptionnel et sans créer de précédent ni sans préjudice des principes convenus du maintien de la paix ». Par cette résolution, le Conseil entérine en outre les recommandations du Secrétaire général visant la transformation de la force de la MONUSCO pour qu'elle puisse s'acquitter de son mandat avec plus d'efficacité et plus d'efficience.

Le Représentant permanent de la RDC auprès des Nations Unies, Ignace Gata Mavita, a rappelé la position de son gouvernement telle qu'elle a été exprimée devant le Conseil, le 19 mars, par le Ministre congolais des affaires étrangères et de la coopération internationale. Toutefois, a-t-il signalé, les choses ont évolué, le fil du dialogue entre le Gouvernement de la RDC et la MONUSCO a été rétabli, et les discussions ont repris à Kinshasa.

Le représentant a pris acte du renouvellement du mandat de la MONUSCO d'autant plus que, a-t-il estimé, « l'esprit et le texte de la résolution convergent sur l'ouverture d'un dialogue constructif entre le Gouvernement et la Mission », notamment sur des questions qui n'ont pas encore été clarifiées. Il est cependant revenu sur certaines dispositions de la résolution qui, aux yeux de sa délégation, « contiennent des incohérences qui ne s'expliquent pas au regard de l'évolution actuelle de la situation ».

Il s'est ainsi étonné du paragraphe 8 du préambule dans lequel le Conseil reconnait d'une part les efforts que fournissent les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) dans la neutralisation des groupes armés, y compris les FDLR, et d'autre part accuse la même armée congolaise de collaboration avec les FDLR.

Il a indiqué qu'il était en outre convaincu que le rappel au paragraphe 9 (f) du préambule des paragraphes 1 et 2 de la résolution 1807 (2008) aurait été nécessaire pour circonscrire le domaine d'application de l'embargo sur les armes en RDC. Cela aurait, a-t-il argué, permis d'éviter toute confusion et de proscrire cette tendance à vouloir appliquer l'embargo à l'armée régulière de la RDC, alors que celui-ci est destiné aux groupes armés non étatiques et à toutes les forces négatives.

La formulation du paragraphe 15 relatif à la force congolaise de réaction rapide ne s'explique pas non plus, a dit le représentant de la RDC. Ces forces ont été mises à contribution dans plusieurs opérations antérieures de pacification au Nord Kivu et vont bientôt être déployées dans le cadre de la poursuite des FDLR dans la forêt congolaise, a-t-il indiqué.

« Je voudrais saisir cette occasion pour vous assurer de la poursuite de la coopération du Gouvernement congolais avec les Nations Unies », a ajouté le représentant en indiquant que son gouvernement voulait aussi que soit entamée une profonde réflexion sur l'avenir de la présence onusienne sur le sol congolais, de manière responsable et ordonnée. Il a conclu en félicitant la MONUSCO et sa Brigade d'intervention pour la « qualité du travail abattu ». « Le travail de cette Brigade aux côté des Forces armées de la RDC a redonné de l'espoir », a-t-il dit.

(Extrait sonore : Ignace Gata Mavita, Représentant permanent de la République démocratique du Congo)

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15/12/2017
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