L’UNESCO qualifie de « crime de guerre » la destruction du site archéologique de Nimrud en Iraq

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La Directrice générale de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), Irina Bokova, a condamné vendredi avec la plus grande fermeté la destruction du site archéologique de Nimrud, en Iraq, la qualifiant de « crime de guerre ».

« Cette nouvelle attaque contre le peuple iraquien rappelle que le nettoyage culturel qui sévit en Iraq n’épargne rien ni personne : il vise les vies humaines, les minorités et s’accompagne de la destruction systématique du patrimoine millénaire de l’humanité », a dit Irina Bokova dans un communiqué de presse.

« Nous ne pouvons pas rester silencieux. La destruction délibérée du patrimoine culturel constitue un crime de guerre, et j’en appelle à tous les responsables politiques et religieux de la région à se lever contre cette nouvelle barbarie et rappeler qu’il n’y a aucune justification politique ou religieuse à la destruction du patrimoine culturel de l’humanité », a-t-elle ajouté.

La ville de Nimrud (Kahlku), fondée il y a plus de 3 300 ans, était jadis une capitale de l’empire assyrien, dont les fresques, les palais et les œuvres sont célèbres dans le monde entier, dans la littérature et les textes sacrés. Le gouvernement iraquien a confirmé que le site avait été attaqué au bulldozer par des groupes extrémistes armés dans la journée du 5 mars.

La Directrice générale de l’UNESCO a également appelé « tous ceux qui le peuvent, et en priorité les jeunes, en Iraq et ailleurs, à tout mettre en œuvre pour protéger ce patrimoine et à le revendiquer comme le leur et comme le bien commun de l’humanité. »

« J’appelle toutes les institutions ‎culturelles, les musées, les journalistes, les professeurs et les scientifiques, à partager et expliquer encore davantage l’importance de ce patrimoine, de la civilisation mésopotamienne. Contre la folie criminelle de ceux qui détruisent la culture, nous devons aussi répondre par plus de culture et par une mobilisation sans précédent », a-t-elle dit.

‎Irina Bokova a déclaré avoir déjà saisi le président du Conseil de Sécurité des Nations Unies, et la procureure de la Cour pénale internationale (CPI) sur ce sujet. « L’ensemble de la communauté internationale doit unir ses efforts, en solidarité avec le gouvernement et le peuple iraquien, pour stopper cette catastrophe », a-t-elle dit.

« De même, l’UNESCO est déterminée à tout mettre en œuvre pour documenter et protéger le patrimoine de l’Iraq et enrayer la lutte contre le trafic illicite des objets culturels, qui participe directement au financement du terrorisme. L’enjeu est la survie de la culture et de la société iraquienne », a-t-elle ajouté.

(Mise en perspective : Tsigué Shiferaw)

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18/10/2017
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