Libye : les défenseurs des droits de l’homme menacés et agressés

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Une fillette à Benghazi: la situation des civils et des défenseurs des droits de l'homme s’est fortement dégradée en Libye (Photo MANUL)

Les Nations Unies dénoncent la série d'attaques violentes et de menaces contre des défenseurs des droits de l'homme en Libye. Dans ce rapport conjoint, la Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL) et le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme notent qu'en raison de cette insécurité ambiante, « plusieurs activistes ont fui le pays, ont cessé de s'exprimer ou ont été contraints de travailler en secret, s'exposant ainsi que leurs proches à de grands risques ».

Ces attaques répertoriées depuis l'intensification des combats en mai 2014 incluent des meurtres, des enlèvements, des tortures, des mauvais traitements, des privations illégales de liberté et des menaces de mort par téléphone ou via les réseaux sociaux.

Le mois dernier, une militante bien connue de la société civile, Entissar al-Hassaeri, a été abattue à Tripoli. Son corps, et celui de sa tante, ont été retrouvés dans le coffre de sa voiture le 23 février. D'autres défenseurs des droits de l'homme et membres de la société civile sont toujours portés disparus ou se cachent. Et même après fui la Libye, le danger guette ces acteurs de la société civile. « Dans au moins deux cas, des défenseurs des droits de l'homme ont été agressés physiquement en Tunisie par des personnes qui seraient libyennes. »

Le rapport accuse « des groupes armés couvrant tout le spectre politique, tribal, régional et idéologique » d'être responsables de violations du droit international des droits de l'homme et du droit humanitaire. Par ailleurs, « la montée de l'anarchie a conduit à l'échec du système de justice pénale dans certaines parties de la Libye, en particulier à Derna, Benghazi et Syrte, et de graves perturbations ont été rapportées un peu partout. Les fonctionnaires de justice… ont été violemment pris pour cible par les groupes armés. »

Le rapport avertit que les personnes qui commettent des crimes au regard du droit international, dont beaucoup sont documentés dans le rapport, sont pénalement responsables, y compris devant la Cour pénale internationale.

Les pays voisins et la communauté internationale devraient aussi garantir la protection des défenseurs des droits de l'homme libyens, y compris en leur donnant des visas en urgence et un hébergement temporaire, indique le rapport.

(Interview : Cécile Pouilly, porte-parole du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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15/12/2017
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