Les enfants sont de plus en plus menacés dans les zones de guerre, selon Ban Ki-moon

Écouter /

Des enfants soldats libérés au Soudan du Sud. Photo : UNICEF/2015/Sebastian Rich

A l’occasion d’un débat au Conseil de sécurité sur les enfants dans les conflits armés, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a déclaré mercredi que, pour les enfants, l’année 2014 semble avoir été une des pires jamais enregistrées dans les régions touchées par des conflits.

« Dans les zones de guerre du monde entier, les enfants sont de plus en plus menacés », a dit M. Ban dans un discours devant les membres du Conseil de sécurité.

« Les auteurs de violations à l’encontre d’enfants en temps de conflit armé ont des profils de plus en plus diversifiés et sont d’une sauvagerie croissante », a-t-il ajouté. « Il nous appartient de braquer les projecteurs sur ce problème, de l’examiner, et d’agir ».

On estime que 230 millions d’enfants vivent dans des pays et des régions où des combats entre groupes armés font rage. Près de 15 millions d’entre eux ont été directement touchés par la violence.

« Les enfants dans le monde devraient étudier et pas être des soldats », a déclaré le chef de l’ONU. « Ils méritent de grandir dans des communautés qui leur offrent sécurité et la chance de réaliser leur plein potentiel. Ce sont les droits fondamentaux de tous les enfants, pas des aspirations. Les Etats membres ont l’obligation de prendre toutes les mesures nécessaires pour les réaliser ».

Ban Ki-moon a salué la présence lors de ce débat d’un ancien enfant soldat de la République démocratique du Congo (RDC), Junior Nzita Nsuami. « L’exemple de Junior nous montre qu’avec une assistance suffisante, avec des possibilités d’éducation et avec un appui continu, on peut surmonter la violence d’une enfance passée à mener une guerre d’adultes », a souligné le chef de l’ONU.

« Être enfant soldat, c’est être arraché de sa vie d’enfant et se faire imposer celle des adultes. Pour réussir à reprendre le parcours de sa vie, un ancien enfant soldat doit être considéré comme une personne qui mérite d’être soignée. Je tiens à souligner l’importance des programmes de démobilisation et de réinsertion », a déclaré Junior Nzita Nsuami devant les membres du Conseil de sécurité.

Il y a un peu plus d’un an, il a été désigné ambassadeur de bonne volonté pour la mise en œuvre du plan d’action pour mettre fin au recrutement d’enfants dans les forces armées de la RDC et de manière plus large, pour mettre fin au recrutement et à l’utilisation des enfants par les groupes armés de la RDC.

La Représentante spéciale du Secrétaire général sur les enfants et les conflits armés, Leila Zerrougui, a regretté pour sa part que « malgré le consensus et nos efforts conjugués pour épargner aux enfants les affres de la guerre, nous sommes chaque année confrontés à de nouveaux défis ».

« En ce début d’année 2015, c’est la violence des groupes armés et la brutalité avec laquelle ils traitent les enfants qui constituent notre défi majeur. C’est le cas en Syrie, en Iraq, au Nigéria, mais aussi dans d’autres pays. Des conflits récurrents se sont intensifiés et l’expansion des groupes armés prend des proportions inquiétantes », a-t-elle ajouté.

Elle a exhorté le Conseil de sécurité à poursuivre ses efforts et à utiliser tous les outils à sa disposition pour protéger les enfants affectés par les conflits armés. « Votre mobilisation et votre soutien nous sont indispensables pour répondre aux nouveaux défis et assurer une meilleure protection aux enfants », a-t-elle dit.

(Extrait sonore : Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations Unies)

LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
20/10/2017
Loading the player ...