Le système de surveillance du TICEN maillon fort de la gestion des catastrophes

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Propagation du nuage radioactif de Fukushima Daiichi. (Image : vidéo TICEN)

Alors que les experts des Nations Unies réunis à la Troisième Conférence mondiale des Nations Unies sur la prévention des catastrophes qui se déroule à Sendai, au Japon, signalent l'importance des systèmes d'alerte précoce dans la réduction des risques des catastrophes, nous jetons un coup de projecteur sur le Système de surveillance international de l'Organisation du Traité pour l'interdiction complète des essais nucléaires (TICEN).

Ce système, qui est composé de quelque 330 stations qui enregistrent des données sismiques hydroacoustiques et atmosphériques à travers la planète 24 heures sur 24, a été développé selon les consignes du TICEN en tant que mécanisme de vigilance pour détecter toute potentielle explosion nucléaire.

Les données que le système génère ont démontré leurs valeur dans la réduction des risques et la gestion des catastrophes lors de deux évènements majeurs récents.

Le tsunami de 2004, a permis à la communauté internationale de réaliser que les données des stations sismiques et hydroacoustiques du Système de surveillance international du TICEN pouvait être très utile en terme de détection et de gestion des crises liées aux tsunami.  Depuis, des accords ont été passés au titre des alertes au tsunami et le du Comité intergouvernemental sur les océans de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO). Aujourd’hui, l'OTICE envoie ses données aux différents centres de tsunamis à travers le globe.

Lors de l'incident nucléaire de Fukushima Daiichi au Japon en 2011, le système a permis de suivre la progression du nuage nucléaire à travers le monde entier et de mesurer la radioactivité dans l'atmosphère.  Depuis Fukushima, l'Organisation a rejoint le Comité inter-organisation pour la gestion des crises nucléaires qui regroupe tous les acteurs d'une crise nucléaire telles que l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et l'Organisation météorologique mondiale (OMM).

Dans ce cadre l'OTICE a désormais un rôle bien défini de mesurer les concentrations d'éléments radioactifs dans l'atmosphère et de donner ces informations aux autres organisations spécialisées comme l'OMS, qui peuvent ainsi à leur tour interpréter les résultats et en tirer les conclusions pour gérer la crise.

Un accord similaire est envisageable en matière de sûreté de l'aviation civile en collaboration avec l'Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), qui pourrait s'appuyer sur les données des stations atmosphériques de l'OTICE notamment en cas d'éruption volcanique.

(Interview : Patrick Grenard, Conseiller spécial de l’OTICE; propos recueillis par Cristina Silveiro)

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20/10/2017
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