L’agriculture paie le plus lourd tribut aux catastrophes, selon un nouveau rapport de la FAO

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En 2010, 800 000 ha de cultures sur pied ont été balayées par les inondations dans la province de Sindh (Pakistan). Photo: FAO

La troisième Conférence mondiale des Nations Unies sur la réduction des risques de catastrophes vient de se terminer à Sendai, au Japon. La conférence a donné lieu à une stratégie internationale orientée vers la prévention et vers une meilleure résilience face aux catastrophes naturelles.

Selon le rapport d'évaluation mondial de la Stratégie internationale de prévention des catastrophes des Nations Unies pour l'année 2015, les pertes annuelles moyennes dues aux catastrophes sont estimées à environ 314 milliards de dollars. Cette Conférence a été également marquée par un message d'une importance considérable de la part de la FAO. Près d’un quart des dégâts causés par les catastrophes naturelles dans le monde en développement sont assumés par le secteur agricole selon les premiers résultats d’une nouvelle étude de la FAO.

L’Organisation a également annoncé le lancement d’un mécanisme spécial destiné à aider les pays à mieux équiper leurs secteurs de production vivrière pour réduire l’exposition aux risques, limiter les impacts et être mieux préparés à affronter les catastrophes.

C’est le secteur agricole qui concentre 22 pour cent de tous les dégâts dus aux risques naturels tels que sécheresses, inondations, tempêtes ou tsunamis, comme le montre l’analyse de la FAO de 78 évaluations des besoins après la catastrophe dans 48 pays en développement sur la période 2003-2013.

Ces dommages et pertes affligent souvent les communautés rurales et semi-rurales pauvres dépourvues d’assurance et manquant des ressources financières nécessaires pour rebâtir leurs moyens d’existence détruits. Pourtant, seulement 4,5 pour cent de l’aide humanitaire après la catastrophe durant la période 2003-2013 ciblait l’agriculture.

Ce chiffre de 22 pour cent ne représente que les dégâts constatés par le biais des évaluations de risque post-catastrophe, aussi ne donne-t-il qu’une indication de l’ampleur, l’impact réel étant vraisemblablement plus élevé. Pour obtenir une estimation plus proche du véritable coût financier des catastrophes pesant sur l’agriculture du monde en développement, la FAO a comparé les baisses de rendements durant et après les catastrophes avec les tendances de rendement dans 67 pays frappés par au moins un phénomène de moyenne ou de grande envergure entre 2003 et 2013.

Bilan final: 70 milliards de dollars de dommages aux cultures et à l’élevage pendant cette période de 10 ans.

L’Asie a été la région la plus touchée, avec des pertes estimées à 28 milliards de dollars, suivie de l’Afrique avec 26 milliards.

“L’agriculture et tout ce qu’elle englobe est non seulement déterminante pour nos approvisionnements alimentaires, mais elle demeure aussi une source principale de moyens de subsistance un peu partout dans le monde. Si le secteur est à risque, l’agriculture peut néanmoins constituer le fondement sur lequel bâtir des sociétés plus résilientes et mieux équipées face aux catastrophes”, a déclaré le Directeur général de la FAO, José Graziano da Silva.

«C’est pourquoi une des priorités absolues de la FAO consiste à renforcer la résilience des moyens d’existence aux menaces et aux crises”, a -t-il ajouté.

(Interview: Dominique Burgeon, coordonnateur des travaux de la FAO sur la résilience; propos recueillis par Murielle Sarr)

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20/10/2017
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