La FAO lance une campagne de 15 pour anéantir la peste des petits ruminants

Écouter /

Chevreau dans une cour de ferme à Kokologo, Burkina Faso (Photo: FAO)

L'Organisation pour l'alimentation et l'agriculture des Nations Unies (FAO) et l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) ont annoncé mardi qu'elles comptaient présenter une stratégie d’éradication totale de la peste des petits ruminants (PPR) d’ici 2030, au cours de la Conférence internationale FAO et OIE pour la lutte et l’éradication de la PPR de trois jours qui a ouvert ses portes à Abidjan, en Côte d’Ivoire, ville où fut effectué le premier dépistage de la maladie dans les années 40.

Selon les agences le monde peut définitivement mettre fin à un fléau qui fait des ravages parmi les caprins et les ovins, libérant des centaines de millions de familles rurales d’une des plus grandes menaces qui pèsent sur leur sécurité alimentaire et leurs moyens d’existence.

La Peste des petits ruminants, qui s’est propagée rapidement au cours des quinze dernières années, est désormais présente dans environ 70 pays, de l’Asie du Sud et de l’Est à l’Afrique et au Proche-Orient, et risque de prendre pied en Europe si elle n’est pas maîtrisée.

Elle peut tuer jusqu’à 90 pour cent des animaux infectés si les troupeaux ne sont pas vaccinés.

Les avantages économiques liés à l’éradication complète de la PPR sont multiples. Quelque 2,1 milliards de petits ruminants dans le monde – 80 pour cent d’entre eux dans les régions affectées – représentent un atout important pour un tiers des ménages ruraux pauvres des pays en développement. Les caprins et les ovins s’adaptent aisément aux environnements rudes, ont besoin d’un faible investissement en capital fixe comme des étables, offrent des protéines et des produits laitiers toute l’année ainsi que des revenus tirés de la laine et des peaux, améliorent la fertilité du sol, et servent de “banque mobile”. Comme ce sont les femmes qui sont souvent propriétaires ou s’occupent des chèvres et des moutons, les animaux ont un rôle important à jouer dans une plus grande égalité entre les sexes.

La maladie, qui provoque de fortes fièvres, une émaciation rapide et une détresse respiratoire, cause des pertes mondiales annuelles évaluées entre 1,45 et 2,1 milliards de dollars, un chiffre qui ne comprend pas les pertes indirectes liées aux restrictions commerciales et à la mobilité du bétail déclenchées par les épidémies.

La FAO et l’OIE soulignent également que la campagne soutiendra les systèmes vétérinaires du contexte local au niveau national.

Jusqu’à présent, la peste bovine est la seule maladie animale à avoir été éradiquée. Au terme d’une campagne menée par la FAO et l’OIE en 2011, les deux organisations ont déclaré le monde libéré de ce fléau à l’origine de nombreuses famines.

(Interview : Dr. Adama Diallo, ancien chef du Laboratoire de production et de santé animale pour la Division mixte FAO/AIEA des techniques nucléaires en alimentation et agriculture; propos recueillis par Murielle Sarr)

 

Classé sous L'info.
LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
23/10/2017
Loading the player ...