Guinée: dans le secteur minier artisanal 40% de la main d'œuvre est féminine

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Guinée: dans le secteur minier artisanal 40% de la main d'œuvre est féminine

Fin de la 59ème édition de la Commission de la condition de la femme. Parmi les dernières discussions figuraient notamment une présentation par le gouvernement de la Guinée en collaboration avec la Commission économique africaine de l'ONU sur les conditions des femmes guinéennes dans le secteur minier artisanal (SMA). En Guinée 40% des employés de cette extraction minière artisanale sont des femmes qui travaillent aussi bien sur les mines de bauxite, d'or ou de diamant entre autre. En fonction du minerai leurs revenus diffèrent. Les conditions de travail sont particulièrement pénibles, et le travail mal rétribué. Elles risquent souvent aussi de perdre l'exploitation de la terre faute de licence. Bien que les femmes en Guinée représentent 52% de la population totale, seulement 10% d'entre elles ont accès à la propriété foncière.

Pour Mohamed Diaby, Directeur adjoint à l'action sociale auprès du ministère des affaires sociales, de la promotion féminine et de l'enfance, en Guinée Conakry, la situation des femmes est critique. Son bilan sur la situation des femmes dans ce secteur économique vital; qui représente à lui seul 95% des recettes d'exportation; est plutôt sombre.

Ces femmes jouissent de peu de repos, car elles travaillent en moyenne quatorze heures par jour six fois par semaine. En dehors de quelques grandes fêtes sociales, elles n'ont pas de congés. Malgré les risques d'éboulements et autres dangers liés à une extraction minière rudimentaire, ces femmes n'ont pas d'assurance vie. Ce qui signifie qu'une fois un accident arrivé leurs familles ne peuvent être compensées, même si dans certains cas, elles sont le gagne-pain de du foyer.

Mohamed Diaby a aussi évoqué le problème de la discrimination dans le secteur bancaire. D'après son étude, les femmes qui pourtant extraient des minerais précieux, gagnent de l'argent mais ne peuvent pour autant obtenir de crédits auprès des banques, ni même dépenser leur agent comme bon leur semble. Selon lui, une fin à cette discrimination serait la meilleure solution. Il conseille aussi la maintenance de cette activité pratiquée depuis des siècles mais qui aujourd'hui est en compétition avec un secteur minier industriel, souvent avec des compagnies étrangères, implantées en Guinée.

(Interview : Mohamed Diaby, Directeur adjoint à l'action sociale auprès du ministère des affaires sociales, de la promotion féminine et de l'enfance, en Guinée Conakry)

 

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20/10/2017
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