Érythrée : la détention est une «affaire ordinaire» dans ce pays, selon la Commission d’enquête sur les droits de l’homme

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Une vue des travaux du Conseil des droits de l’homme à Genève (UN Photo/J. M. Ferré).

Le Conseil des droits de l'hommes de l'ONU a procédé, ce lundi à Genève, à l'examen de la mise à jour orale des activités de la Commission d’enquête sur les droits de l’homme en Érythrée. Son président, Mike Smith, a indiqué que l’Érythrée est un pays où la détention est aussi «affaire ordinaire», ajoutant que la torture était aussi courante, tandis que les détenus vivent dans des conditions très difficiles.  Le Président de la Commission d’enquête a souligné également que beaucoup d’Érythréens cherchent à fuir Asmara.

Ce sombre tableau est également décrit par la délégation suisse qui est revenue sur les nombreuses violations de droits humains en Erythrée.

Myriam Winzler, de la Mission permanente de la Suisse auprès de l'ONU à Genève :

« Nous restons particulièrement préoccupés par les exécutions extrajudiciaires,  les disparitions forcées, le service national de durée indéfinie, le travail forcé ainsi que par les restrictions incompatibles avec les droits  à la liberté  d’expression,  y compris  la liberté  de  la presse,  d’association  et de  réunion pacifique qui prévalent en Erythrée.

Nous sommes convaincus qu’il est fondamental, pour une paix durable, de traduire en justice les auteurs de violations des droits de l’homme. Ceci relève principalement de la responsabilité du gouvernement de l’Erythrée. La Commission d’enquête sur l’Erythrée a l’expertise et le mandat nécessaire  afin  de  soutenir  ce  processus.  Par conséquent, nous rappelons  aux  pays  concernés,  tout d’abord  à l’Erythrée,  que  la coopération  avec  la Commission  d’enquête  a non seulement  été ainsi décidé par la communauté internationale mais est bénéfique à tous les Etats impliqués. »

Face à ces allégations, l’Érythrée a confirmé sa volonté de coopérer avec le Conseil, avec le Haut-Commissariat, ainsi que via les canaux de la diplomatie bilatérale.  La délégation érythréenne a précisé avoir élaboré un cadre d’action à la suite de son deuxième Examen périodique universel.  Par ailleurs, Asmara a reconnu l’existence de problèmes en matière de droits de l’homme, comme dans nombre de pays, mais en aucun cas il ne s’agit de violations grossières et systématiques.  S’agissant du service militaire, il n’est pas indéfini mais a été effectivement prolongé au-delà de 18 mois en raison des problèmes de sécurité du pays.

(Extrait sonore : Myriam Winzler, Mission permanente de la Suisse auprès de l'ONU-Genève)

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20/10/2017
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