Environnement : l'Afrique attend un sursaut de responsabilité et de solidarité

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Malgré les taux de progression en développement humain l’Afrique subsaharienne est la région avce le plus d’inégalités. Photo : PNUD

Le Conseil des droits de l'homme a entendu ce lundi, à Genève, John Know, l'Expert indépendant chargé d’examiner la question des obligations relatives aux droits de l’homme se rapportant aux moyens de bénéficier d’un environnement sûr, propre, sain et durable.

Les États Membres du Conseil ont ensuite pris la parole. Le Représentant de l'Algérie, au nom du Groupe africain, a fait valoir que les pays du continent attendent de la communauté internationale un sursaut de responsabilité et de solidarité pour mettre au continent africain de s’adapter aux conséquences négatives de la dégradation de l’environnement.

Le diplomate algérien a souligné que les pays d’Afrique étaient plus particulièrement confrontés aux conséquences néfastes de la dégradation de l’environnement telles qu’inondations, pénuries de ressources hydriques ou encore la montée du niveau des mers. Ces conséquences adverses de l’environnement entraînent des tensions entre populations pour le contrôle des terres arables, alors même que la plupart des pays d’Afrique sont confrontés à une dépendance excessive à l’égard de l’agriculture vivrière.

Lors de son intervention, John Knox, l'Expert indépendant chargé d’examiner la question des obligations relatives aux droits de l’homme se rapportant aux moyens de bénéficier d’un environnement sûr, propre, sain et durable, a fait le bilan de ses activités des deux dernières années, en partenariat avec le Programme des Nations Unies pour l’environnement, période au cours de laquelle il a dit avoir tenu neuf réunions d’experts et consultations dans les différentes régions du monde afin d’identifier les pratiques environnementales optimales respectant les droit fondamentaux. Il a expliqué avoir en outre adressé des questionnaires aux États et aux organisations non gouvernementales. Ces échanges ont permis d’identifier plus d’une centaine de bonnes pratiques, qui sont résumées dans son rapport, a indiqué M. Knox. Ces pratiques sont classées en trois catégories: respecter l’obligation de rendre publique l’information sur l’environnement ; faciliter la participation du public dans les processus de décision ; fournir un accès à la réparation des dégâts environnementaux.

John Knox a noté, que dans certains cas, ces trois obligations étaient respectées. Il a souligné la contribution substantielle des organisations non gouvernementales dans l’identification de ces bonnes pratiques. L’expert indépendant a cité plusieurs cas de bonnes pratiques en la matière, citant El Salvador, la France, le Mexique et la Mongolie. Il a aussi cité des cas de coopération internationale, y compris au niveau des collectivités locales, citant les liens établis entre les villes tanzanienne de Mwanza et finlandaise de Tampere. Enfin, il a souligné l’importance grandissante de la question du changement climatique dans la problématique. Il a remercié le Conseil pour lui avoir donné la possibilité de se pencher sur les questions de droits de l’homme et d’environnement.

Le rapport sur la question des obligations relatives aux droits de l’homme se rapportant aux moyens de bénéficier d’un environnement sûr, propre, sain et durable décrit les bonnes pratiques des États, des organisations internationales, des organisations de la société civile, des entreprises et des autres acteurs dans l’application des obligations relatives aux droits de l’homme en matière d’environnement. Il décrit en particulier les obligations procédurales consistant à rendre publiques les informations relatives à l’environnement, à faciliter la participation du public au processus décisionnel en matière d’environnement, à protéger les droits à la liberté d’expression et d’association, et à offrir un accès à des recours juridiques. Il note aussi les obligations «de fond», parmi lesquelles des obligations concernant les acteurs non étatiques, des obligations relatives aux dommages transfrontières et des obligations relatives aux personnes vulnérables.

(Extrait sonore : Représentant de l'Algérie, au nom du Groupe africain)

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23/10/2017
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