Débat de haut niveau du Conseil des droits de l’homme: Allocution de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples

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Zainabo Sylvie Kayitesi, Présidente de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples – Photo: ONU

Le Conseil des droits de l’homme a achevé ce matin son débat de haut niveau en entendant les ministres des affaires étrangères du Congo, de la Mongolie et de la Colombie, ainsi que la Présidente de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, avant de tenir son débat général.

Mme Zainabo Sylvie kayitesi, Présidente de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, a expliqué qu’en matière de promotion des droits de l’homme, la Commission procédait à la sensibilisation, à la mobilisation du public et à la dissémination de l’information sur les droits de l’homme à travers des séminaires, des colloques, des conférences et des missions.  Elle s’assure aussi que les droits humains et des peuples sont protégés grâce aux missions d’établissement des faits dans des pays, dont la dernière en date a concerné la République centrafricaine.  La Commission dispose également d’une procédure de communications – ou plaintes – qui peut être initiée par un État partie, une organisation non gouvernementale, des particuliers ou encore un organe de l’Union africaine.  En décembre 2014, la Commission avait enregistré 89 procédures.

L’Afrique, comme les autres régions du monde, connaît des violations des droits de l’homme récurrentes, qu’elle essaie aussi de prévenir, a poursuivi Mme Kayitesi.  Les États parties à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples ont cependant fait des progrès remarquables dans la ratification des traités et instruments relatifs aux droits de l’homme, dans la présentation des rapports périodiques, la liberté d’expression et de la presse, l’accès à l’information, a-t-elle déclaré.  L’Afrique a également progressé sur la question de l’abolition de la peine capitale, en adoptant par exemple un projet de protocole additionnel à la Charte africaine sur l’abolition de la peine de mort.  La Commission et la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples ont également demandé à l’Assemblée de l’Union africaine de déclarer 2016 «année africaine des droits humains», avec un accent particulier sur les droits des femmes.  La Commission a également formalisé sa coopération avec les titulaires de mandats des Nations Unies, à travers la «feuille de route» d’Addis Abeba.  Sa présidente a également observé que 2014 a posé de nombreux défis en matière de droits de l’homme en Afrique, du fait des nombreuses violations commises en République centrafricaine, en Somalie, au Tchad, au Mali, au Soudan du Sud ou encore au Nigéria, en Libye, au Cameroun et au Kenya, pays qui ont subi des actes de terrorisme.  Le virus Ebola est également en train de menacer la vie et la dignité des peuples africains d’une façon sans précédent, a ajouté Mme Kayitesi, qui a remercié la communauté internationale pour le soutien apporté aux pays touchés par ce fléau.  Enfin, la Commission reste préoccupée par les représailles «contreproductives» exercées à l’encontre des défenseurs des droits de l’homme.  Elle appelle les États africains, où ce problème existe encore à le résoudre afin de leur permettre de servir la société sans mettre leur vie en danger, a dit Mme Kayitesi.

(Extrait Sonore: Mme Zainabo Sylvie kayitesi, Présidente de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples)

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18/10/2017
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