Conseil des droits de l'homme : Michel Forst dénonce la répression contre les défenseurs des droits de l'homme

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Michel Forst, Rapporteur Spécial sur la situation des défenseurs des droits de l'homme (photo: UN/J.M. Ferré)

Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a examiné, ce lundi à Genève, le rapport du Rapporteur Spécial sur la situation des défenseurs des droits de l'homme qui s'est fait l'écho des menaces et attaques contre les activistes. Michel Forst a rappelé le calvaire de ces défenseurs rencontrés « menacés, intimidés visés par une enquête, harcelés ou criminalisé ». Selon l'expert onusien, ces derniers sont l’objet de campagnes de diffamation et leurs libertés publiques, y compris le droit de s'exprimer et de se réunir librement, se voient souvent refuser.

« J'ai envoyé 32 communications concernant des cas de représailles contre des groupes ou des personnes à cause de leur coopération avec les Nations unies ou les organisations régionales. Ces communications concernaient des défenseurs victimes de campagnes de dénigrement, des interdictions de voyager, du harcèlement, des intimidations, des refus de soin des attestations, des détentions arbitraires, des menaces directes ou des attaques physiques. Ces 32 communications ont été adressées à 22 pays, l'Arabie Saoudite le Bahreïn, la Chine, Cuba, Chypre, l'Egypte, les Emirats Arabes Unis, la Fédération de Russie, le Honduras, l'Inde, l'Iran, la Malaisie, les Maldives, le Mexique, le Myanmar, Oman, le Pakistan, le Sri Lanka, la République Arabe de Syrie, le Tadjikistan, la Thaïlande et le Viet Nam.

J'ai dit publiquement cette année devant l'Assemblée Générale des Nations unies et je tiens à le redire ici fermement, ces actes sont intolérables, inacceptables. Je suis extrêmement préoccupé, inquiet par le nombre croissant d’actes d’intimidation et de représailles contre les défenseurs des droits de l’homme dans le cadre de leur coopération avec les mécanismes des droits de l’homme des Nations Unies ou avec les organisations régionales. Je reçois des témoignages de campagnes de dénigrement, d'interdiction de voyager, de harcèlement, d’intimidation, de menaces directes, d'attaques physiques et d'assassinats. Et cela est encore plus choquant lorsque cela vient d'un pays membre de ce conseil des droits de l'homme, comme cela a été le cas à l'occasion de la visite d'un de mes collègues dans ce pays. Ou encore lorsque cela se produit lors d'une session du Conseil. Les États ne peuvent pas harceler les défenseurs qui assistent aux sessions du Conseil et les auteurs de ces attaques et menaces devraient être tenus pour responsables ».

L'Expert indépendant a insisté sur l'urgence de mettre un terme à toutes les formes d’intimidation et de représailles contre les défenseurs. À cet égard, Michel Forst exhorte la communauté internationale à soutenir fermement la désignation du point focal principal sur les représailles auprès du Secrétaire général des Nations unies.

(Extrait sonore : Michel Forst, Rapporteur Spécial sur la situation des défenseurs des droits de l'homme)

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19/10/2017
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