Conseil des droits de l'homme : le Cameroun «cible prioritaire» des attaques de Boko Haram

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Les femmes dans la région de Mayo-Sava au Cameroun ont peur de culitver leur champs suite aux attaques de Boko Haram. (Photo: Irin)

Le Conseil des droits de l'homme poursuit les travaux de sa 28 e session. A l’occasion de la deuxième journée de son segment de haut niveau, il a été beaucoup question de la lutte contre le terrorisme ainsi que de la rébellion de la secte Boko Haram dans le nord-est du Nigeria et les pays voisins d'Abuja. Une crise qui a, depuis ses débuts, entraîné le déplacement forcé de près de 650.000 Nigérians à l'intérieur de leur pays et d'un million vers les pays voisins, le Cameroun, le Tchad et le Niger.

Devant le Conseil, le Cameroun s'est ainsi dit victime des attaques du «groupe djihadiste» Boko Haram, dont les agissements constituent des violations massives de droits de l’homme et une atteinte inqualifiable au droit international humanitaire.

Le Ministre des relations extérieures du Cameroun, a ainsi rappelé que ces attaques sont allées crescendo, commençant par des incursions, suivies de prises d’otages, d’attaques espacées avant de s’intensifier. Puis passant d’une guerre asymétrique à une guerre conventionnelle, impliquant des armements lourds et de plus en plus sophistiqués, notamment des chars, des lance-roquettes et des mines antipersonnel, mobilisant par ailleurs de milliers de jeunes fanatisés. Cette situation fait passer le Cameroun de cible collatérale à cible prioritaire, a expliqu é le ministre. Les conséquences de cette situation sont aussi un afflux massif de réfugiés nigérians, estimés aujourd’hui à 50.000 personnes dans le camp de Minanao, ainsi que des déplacés de l’intérieur.

Pour répondre à cette menace, le Cameroun a déclaré la guerre à cette «nébuleuse», avec le déploiement de 6000 hommes dans la région concernée pour protéger les populations civiles. Il a également pris des dispositions législatives pour prévenir et éradiquer le terrorisme. Il a également lancé un appel à la mobilisation internationale pour lutter contre ce terrorisme transfrontalier. Dans ce contexte, le ministre a remercié le Tchad, qui a déployé 2500 hommes pour soutenir le Cameroun dans le combat contre Boko Haram. Il a également indiqué que son pays apprécie la décision de la 24ème r éunion des Chefs d’États et de gouvernements de l’Union africaine qui a autoris é le déploiement, pour un mandat initial d’un an, d’une force militaire conjointe, avec un poste de commandement à Ndjamena, capitale du Tchad.

(Extrait sonore : Pierre Moukoko Mbonjo, Ministre des relations extérieures du Cameroun)

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15/12/2017
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