Conseil des droits de l'homme : inquiétudes sur l’endoctrinement d’enfants par des groupes extrémistes

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Leila Zerrougui, Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés. UN Photo/R. Bajornas

Le Conseil des droits de l’homme a poursuivi, ce jeudi à Genève, l'examen du rapport de la Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés. Lors du débat interactif avec Mme Leila Zerrougui, plusieurs délégations ont dénoncé le recrutement d’enfants ou se sont préoccupées de l’endoctrinement d’enfants par des groupes extrémistes violents, qui pose de nouveaux défis à la protection physique et psychologique des enfants et à leur développement.

Selon la Représentante spéciale, il n’est pas vrai que les enfants choisissent d’intégrer les groupes armés ou y sont envoyés par leurs parents. Les enfants sont dans ce contexte presque toujours et avant tout des victimes, a insisté Leila Zerrougui.

 

« Il faut partir du principe que les enfants sont des victimes. Les enfants, dans la quasi-totalité des cas, ne choisissent pas de rejoindre les groupes armés. Ce n'est pas vrai, ni que leurs parents les envoient, ce n'est pas vrai. Les gens sont forcés, soit parce qu'ils sont très pauvres, peurs ou qu'ils n'arrivent pas à protéger leurs enfants. Et les enfants sont parfois entraînés par l'argent. Mais une fois dans l'enfer, parce que c'est un enfer, il ne faut pas oublier que les enfants sont forcés de commettre des violences. Ce n'est pas une partie de plaisir pour un enfant.

Pourquoi, on nous montre ces images d'un enfant qui exécute en public un adulte ? Ils les amènent dans leurs villages pour faire la même chose. C'est pour couper les liens du retour et s'assurer que l'enfant ne revienne plus. Que cet enfant n'a plus d'autre place et il est terminé. Donc c'est important de travailler sur comment accueillir ces enfants, comment faire en sorte qu'on les sorte d'abord, qu'on laisse ouverte la porte du retour.

Mon expérience, c'est qu'un enfant, quel que soit ce qui lui arrive,  on peut le récupérer.  On l'a vu avec les enfants sortis de la LRA. Les meilleurs ambassadeurs de bonne volonté de l'Unicef sont des enfants récupérés après avoir été traumatisé par Joseph Kony. Donc je ne suis pas désespérée. »

La Représentante spéciale a ainsi insisté sur la réinsertion de ces enfants qui nécessite un travail de longue haleine, avec les enfants eux-mêmes, mais aussi avec leur communauté. Dans ces conditions, elle a encouragé le Conseil des droits de l'homme à mettre en lumière le besoin de mesures appropriées pour leur réhabilitation et leur réintégration, dans le respect du principe de l’intérêt supérieur des enfants, et en respectant le statut de l’enfant en tant que victime.

(Extrait sonore : Leila Zerrougui, Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés)

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11/12/2017
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