Conseil des droits de l'homme : inquiétudes sur l'augmentation des exécutions en Iran

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Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève. UN Photo / Jean-Marc Ferré

La situation des droits de l’Homme en Iran s’est détériorée, avec la rapide augmentation des exécutions. Au Conseil des droits de l'homme de l'ONU à Genève, le Rapporteur spécial sur la situation des droits de l'homme en République islamique d'Iran a pointé la recrudescence des exécutions, l’emprisonnement des journalistes et militants, la discrimination dont souffrent les femmes et la situation toujours préoccupante des minorités. Près de la moitié (362) sont liées au trafic de drogue, ce qui est “contraire aux standards internationaux en matière de peine de mort”, a fait remarquer Ahmed Shaheed.

 

« Il y a des inquiétudes face à la multiplication du nombre d'exécutions au cours de l'année écoulée.  En effet, pas moins de 753 exécutions en 2014 et 252 au cours des 10 dernières semaines, soit le meilleur record de ces douze dernières années. La majeure partie de ces exécutions sont appliquées pour des crimes qui ne correspondent pas à la définition internationale de « crimes les plus graves », et 13 jeunes au moins ont été exécutés en 2014, en violation du droit international. 

Je réfute également l'argument du Gouvernement iranien qui justifie le recours à la peine de mort par l'interdiction des activités liées au trafic de stupéfiants. 

Par ailleurs, les autorités iraniennes continuent malheureusement à harceler, arrêter, poursuivre et emprisonner les membres de la société civiles critiques envers le Gouvernement. La position affichée par le gouvernement est qu’il ne arrête pas des journalistes, des avocats ou des militants des droits de l’homme pour leur activisme en soi, mais plutôt des atteintes à la sûreté de l’État ».

« L’Iran continue d’être le pays qui exécute le plus au monde par tête d’habitant », a ajouté le Rapporteur spécial, en demandant à Téhéran d’instaurer un moratoire immédiat sur la peine de mort.

Mais pour la République islamique d’Iran, il n'existe pas de consensus mondial concernant la peine de mort et que  le pays l'applique dans un cadre très précis, y compris dans les cas d'assassinat prémédité et de trafic de drogue à grande échelle. Enfin, Téhéran rappelle que le rapport ne dit rien non plus sur les conséquences négatives des sanctions illégales, inhumaines et injustes appliquées unilatéralement à l'encontre de l'Iran.

La République islamique d’Iran a conclu en rappelant que le Gouvernement du Président Rohani avait fait part de son engagement en faveur de la promotion et la protection des droits de l'homme et de sa disponibilité à dialoguer de manière coopérative sur la base du respect mutuel.

(Extrait sonore : Ahmed Shaheed, Rapporteur spécial sur la situation des droits de l'homme en République islamique d'Iran)

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11/12/2017
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