Conseil des droits de l’homme: Examen des rapports sur l’assistance à la RCA

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Léopold Ismael Samba, Représentant des Nations Unies de la République centrafricaine à Genève. Photo: ONU

Le Conseil des droits de l’homme s’est penché ce matin sur les cas de la République centrafricaine en tenant des débats interactifs avec l’experte indépendante chargée de l’assistance à ce pays dans le domaine des droits de l’homme.

L’Experte indépendante sur la situation des droits de l’homme en République centrafricaine, Mme Marie-Thérèse Keita Bocoum, a constaté que la situation sécuritaire dans le pays restait au cœur de toutes les préoccupations. Les groupes armés continuent de terroriser les populations et un grand nombre de personnes continuent de fuir les zones de conflit. Elle a toutefois constaté que le Gouvernement avait pris des initiatives pour redéployer l’administration territoriale dans l’ensemble du pays. Mais l’administration reste démunie, la police en particulier. Le Gouvernement a par ailleurs engagé de larges consultations en vue d’organiser le «Forum de Bangui» prévu le mois prochain et censé poser les bases d’une restauration durable de l’État. Mme Keita Bocoum a salué les premières arrestations de présumés auteurs de graves violations des droits de l’homme et les mesures prises pour créer une cour pénale spéciale.

La République centrafricaine a salué la solidarité de la communauté internationale qui s’est traduite par la quatrième visite de l’experte indépendante. La République centrafricaine a relevé que l’exposé de l’experte indépendante note une légère amélioration du respect des droits de l’homme à Bangui, mais aussi, malheureusement, le fait que plusieurs localités provinciales se trouvent encore entre les mains de forces non conventionnelles. La République centrafricaine se félicite de l’ouverture prochaine d’une cour spéciale de justice internationale dans le pays en vue de juger tous les auteurs et responsables, quels que soient les crimes commis. «Au nom des populations centrafricaines meurtries», elle appelle la communauté internationale à «ne pas lâcher» le pays.

Par ailleurs, la République centrafricaine a expliqué que l’organisation d’élections impliquait le retour de la sécurité car il n’est pas envisageable de les organiser uniquement dans quelques portions du territoire, ce qui «donnerait de la matière aux velléités séparatistes», alors que le peuple centrafricain, dans sa majorité, voudrait vivre en paix. La République centrafricaine déplore en outre que, indépendamment de la situation sécuritaire, les promesses d’assistance financière tardent à se matérialiser, «ce qui hypothèque gravement le respect des échéances attendues». La démocratie ne se décrète pas, elle se construit au terme d’un long parcours, a-t-il rappelé. C’est en cela que la communauté internationale doit aider le pays à asseoir sa démocratie sur un socle solide. Dans le cas contraire, toute l’assistance fournie sera vouée à l’échec.

(Extrait sonore: Léopold Ismael Samba, Représentant des Nations Unies de la République centrafricaine à Genève)

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13/12/2017
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