ONU : New York accueille la première conférence des chefs d’état-major

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Des hauts responsables militaires de plus de 100 Etats membres ont participé vendredi à une conférence au siège de l’ONU, à New York, pour discuter des questions centrales relatives au maintien de la paix des Nations Unies et de l'appui dont a besoin l’'Organisation.

Au début de cette conférence, les participants ont observé une minute de silence en hommage aux femmes et aux hommes qui ont perdu la vie au service de la paix.

« A travers le monde, la violence détruit des civils innocents, menace de déstabiliser des régions et affecte la sécurité nationale de chaque Etat membre représenté ici aujourd’hui », a déclaré le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, dans un discours.

« Le paysage sécuritaire mondial est dangereusement complexe, marqué par le terrorisme, le crime organisé, les guerres civiles et même les crises sanitaires. Au cours des deux dernières décennies, le Conseil de sécurité a donné aux Casques bleus des mandats de plus en plus difficiles », a-t-il ajouté.

Le chef de l’ONU a pris pour exemple le nord du Mali, où la Mission de l’ONU travaille sous la menace constante d’attaques asymétriques par des groupes armés. Il a également cité la République centrafricaine, « où il n’y a pas de ligne claire entre les civils et les combattants ».

« Même dans des missions traditionnellement statiques, comme la Force des Nations unies chargée d’observer le dégagement (FNUOD) sur les hauteurs du Golan, il peut y avoir des changements soudains dans l’environnement opérationnel », a-t-il ajouté.

Le Secrétaire général a noté que « les besoins augmentent, mais les ressources sont limitées ».

« J’ai nommé un Groupe indépendant de haut-niveau pour répondre aux graves difficultés auxquelles nous sommes confrontés », a-t-il dit.

« Malgré toutes ces difficultés, le maintien de la paix des Nations Unies a un rôle unique à jouer combinant les fonctions politiques, sécuritaires et le maintien de la paix précoce en une seule stratégie », a-t-il ajouté. « Le caractère véritablement international du maintien de la paix de l’ONU apporte une légitimité sans équivalent ».

Actuellement, plus de 130.000 militaires, policiers et civils servent dans 16 opérations de maintien de la paix à travers le monde. « C’est notre plus grand déploiement dans notre histoire. Il doit s’accompagner d’un partenariat international plus fort pour le maintien de la paix ».

Ban Ki-moon a estimé que deux choses étaient cruciales pour réussir. Tout d’abord, les contributions : « quand le Conseil de sécurité nous demande de déployer des Casques bleus, les Nations Unies doivent être prêtes. Cela signifie des contributions plus diversifiées et disponibles plus rapidement venant des Etats membres. Cela inclut aussi davantage de troupes sur le terrain venant de pays développés ayant des armées technologiquement avancées ».

Le chef de l’ONU a estimé également que la volonté politique était nécessaire : « nous avons besoin d’unité et d’appui. Une performance efficace exige un consensus large sur pourquoi, où et comment les Casques bleus assurent leurs mandats ».

Cette conférence historique fait partie d’un processus plus large d'un engagement avec les États Membres à étendre le partenariat de maintien de la paix et promouvoir la mise en œuvre effective et efficace des mandats des missions complexes.

Le Vice-Secrétaire général, Ian Eliasson, et le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous devaient clôturer l'évènement.

(Interview : Edmond Mulet, Sous-Secrétaire général des Nations Unies aux opérations de maintien de la paix; propos recueillis par Stéphanie Coutrix)

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18/10/2017
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