Conseil des droits de l’homme : Examen des rapports sur l’assistance à la Côte d’ivoire

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Kouadio Adjouman, Chef Mission de la Représentation Permanente de Côte d'ivoire auprès des Nations-Unies et de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) à Genève. Photo: ONU

Le Conseil des droits de l’homme s’est penché ce matin sur les cas de la Côte d’Ivoire en tenant des débats interactifs avec l’expert indépendant chargé de l’assistance à ces pays dans le domaine des droits de l’homme.

La Côte d’Ivoire a déclaré que le mandat de l’Expert indépendant, qui s’adapte aux besoins réels et spécifiques de la Côte d’Ivoire, avait aidé le pays à consentir des efforts sans précédent pour la reconstruction et la consolidation des acquis en vue du renforcement de l’état de droit. De tels efforts se traduisent par la mise en état du système judiciaire conformément aux normes internationales, à travers la réhabilitation des tribunaux et prison, la réforme des codes usuels et la reprise des procès d’assises. En outre, plusieurs réformes ont été effectuées au plan national, comme l’adoption d’une loi portant promotion et protection des défenseurs des droits de l’homme et celle d’un projet de loi relatif à la lutte contre la traite des personnes et les pratiques assimilées.

Au titre d’autres réformes importantes, la Côte d’Ivoire a adopté une réforme structurelle et fonctionnelle de la Commission électorale indépendante, créé un Comité national de lutte contre la traite des personnes, en particulier les enfants et les femmes, mis en place un Observatoire national de l’équité et du genre (ONEG). Elle a aussi élaboré un document de stratégie national de lutte contre les violences basées sur le genre, adopté une politique nationale de protection de l’enfant (PNPE), intégré des jeunes filles à l’École militaire préparatoire technique et à la gendarmerie nationale. Le pays a également créé des Journées portes ouvertes sur les droits de l’homme organisées par l’état-major des armées et a mis en place un Fonds d’indemnisation des victimes de la crise post-électorale, d’un montant de 10 milliards de francs CFA pour l’année 2015, soit 15,245 millions d’euros.

La Côte d’Ivoire se félicite de la reprise du dialogue politique avec l’ensemble des acteurs et de la société civile et de la nette amélioration de l’environnement sécuritaire, ainsi que de la réalisation du programme de désarmement, démobilisation et réinsertion (ADDR) et l’effectivité de la libre circulation sur l’ensemble du territoire. Elle invite les institutions financières internationales et régionales et les partenaires bilatéraux et multilatéraux à contribuer par une coopération active au relèvement du pays.

La crise ivoirienne a été d’une telle durée et envergure que sa résolution doit se planifier sur le long terme, raison pour laquelle il importe aujourd’hui de focaliser davantage les actions non seulement sur les moyens immédiats pour une sortie définitive de crise et pour la reconstruction, mais aussi et surtout sur la non répétition et la prévention. Dans ce sens, la Côte d’Ivoire estime que l’appropriation des instruments internationaux et leur mise en œuvre effective contribuera fortement à cette prévention. La Côte d’Ivoire est en outre déterminée à conduire à terme les procédures judiciaires post-crise en vue de juger tous les auteurs de graves violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire.

La Côte d’Ivoire a déclaré que sa délégation était «en phase» avec l’Expert indépendant et qu’elle attachait une grande importance à la réussite de son mandat. La Côte d’Ivoire remercie en outre les délégations pour les interventions constructives et le soutien témoignés à son pays.

(Extait sonore:  Kouadio Adjouman, Chef Mission de la Représentation Permanente de Côte d'ivoire auprès des Nations-Unies et de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) à Genève)

 

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19/10/2017
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